La controverse autour de la révision constitutionnelle continue d’alimenter le débat public en République démocratique du Congo. Cette fois-ci, c’est l’honorable Amisi Makutano qui monte au créneau pour répondre aux déclarations de l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).
Dans une sortie remarquée, le prélat avait accusé les députés nationaux d’avoir déjà « boutiqué leurs affaires », une formule qui n’a visiblement pas été du goût de certains élus. Parmi eux, Amisi Makutano estime que ces propos portent atteinte à l’honneur de la représentation nationale et appelle l’abbé Nshole à présenter des excuses aux députés, élus du peuple et dépositaires de la légitimité démocratique.
Au-delà de cette passe d’armes verbale, le député insiste sur un principe fondamental : la position de la CENCO, aussi respectée soit-elle, ne saurait être assimilée à celle de l’ensemble du peuple congolais. Une manière de rappeler que dans une démocratie pluraliste, aucune institution ne détient à elle seule le monopole de la vérité politique.
Sur l’épineuse question de la révision constitutionnelle, Amisi Makutano se montre catégorique. Selon lui, aucune disposition de la Constitution actuelle n’interdit d’engager une réflexion ou un débat sur son éventuelle modification. Pour le parlementaire, considérer ce sujet comme un tabou reviendrait à priver la nation d’un exercice légitime d’introspection institutionnelle.
L’élu évoque notamment les nombreux blocages institutionnels observés depuis l’indépendance, les crises récurrentes entre institutions, les réformes électorales successives ainsi que les défis sécuritaires et socio-économiques auxquels le pays demeure confronté. Autant d’éléments qui, selon lui, méritent une réflexion sereine sur l’architecture institutionnelle de la République.
Dans un contexte politique souvent marqué par les tensions et les procès d’intention, Amisi Makutano invite également les observateurs à reconnaître certaines avancées enregistrées sous la gouvernance du président Félix Tshisekedi, particulièrement en matière de liberté d’expression. « Chacun peut aujourd’hui faire entendre sa voix », soutient-il, estimant que cette pluralité d’opinions constitue un acquis démocratique majeur.
Au fond, derrière les échanges parfois musclés entre responsables religieux et acteurs politiques, une question essentielle demeure : qui décide de l’avenir institutionnel du Congo ? Pour Amisi Makutano, la réponse est sans équivoque. Ni les partis politiques, ni les organisations religieuses, ni les groupes de pression ne peuvent imposer leur volonté à la nation. Le dernier mot revient aux institutions de la République et, en définitive, au peuple souverain.
Un message qui relance un débat déjà passionné, où chacun revendique parler au nom du peuple, tandis que le peuple lui-même attend encore que les grandes discussions institutionnelles se traduisent par des solutions concrètes à ses préoccupations quotidiennes.
Rav Daniel Kambowa





