Le 30 juin, jour du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, une longue lettre ouverte adressée au président de la République ravive le débat sur la gouvernance, la sécurité et l’avenir institutionnel du pays.
Dans ce document au ton ferme, son auteur dresse un réquisitoire contre plusieurs choix politiques et diplomatiques opérés depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir en 2019, tout en lançant un appel à un « sursaut patriotique ».
L’auteur affirme avoir, dans un premier temps, accordé au chef de l’État le bénéfice du doute, espérant une rupture avec les pratiques du passé. Mais, selon lui, les promesses de justice transitionnelle, de lutte contre l’impunité et de réforme profonde des institutions seraient restées sans traduction concrète.
Le texte revient notamment sur l’état de siège instauré dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, qualifié d’échec au regard de la persistance de l’insécurité.
Il critique également la stratégie diplomatique régionale de Kinshasa, estimant que les différents processus de médiation et accords successifs auraient davantage alimenté la confusion que favorisé une paix durable.
L’auteur s’attarde aussi sur les relations avec le Rwanda, la gestion de la crise dans l’Est du pays, les partenariats internationaux autour des ressources minières ainsi que la réforme du secteur de la sécurité. Il estime que la RDC doit recentrer sa stratégie sur la défense de sa souveraineté, la protection des populations civiles et la consolidation de l’État de droit.
L’un des points les plus sensibles de cette lettre concerne le projet de réforme constitutionnelle. Son auteur exhorte le président à renoncer à toute initiative de révision de la Constitution, estimant qu’un référendum organisé dans un contexte marqué par les conflits armés et les déplacements massifs de populations risquerait d’accentuer les fractures nationales.
En conclusion, cette lettre se veut autant une critique sévère qu’un ultime appel à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Son auteur invite le chef de l’État à faire de la restauration de la paix, de la justice, de la bonne gouvernance et de la souveraineté nationale les priorités absolues de la fin de son mandat.
Par cette publication, le débat sur la gouvernance de la RDC, la réforme des institutions et la recherche d’une paix durable s’invite une nouvelle fois au cœur de l’espace public, à un moment où les enjeux sécuritaires et politiques restent plus que jamais au centre des préoccupations nationales.
Rav Daniel Kambowa





