La tension politique gagne progressivement la cité de Kipushi. Alors que certains groupes de jeunes annoncent une paralysie de la ville dans les 48 heures si le maire intérimaire n’est pas installé, une lecture attentive du dossier invite à distinguer les faits des spéculations.
Au-delà des slogans et des pressions de rue, le véritable enjeu semble avant tout juridique. Contrairement aux accusations relayées çà et là, rien ne permet d’affirmer, à ce stade, que le gouvernement provincial bloque délibérément l’installation de Justin TAMBWE YAMBUTA. Les éléments disponibles renvoient plutôt à une question de conformité administrative qu’à un bras de fer politique.
En effet, Justin TAMBWE YAMBUTA demeure encore en fonctions en qualité d’Administrateur de Territoire Adjoint (A.T.A.), poste qu’il occupe en vertu d’une ordonnance présidentielle. Parallèlement, il a été désigné maire intérimaire de Kipushi par un arrêté signé le 22 mai par le Vice-Premier ministre compétent.
Or, le cumul de ces deux fonctions soulève une difficulté juridique. Dans le respect des règles qui encadrent l’exercice des fonctions publiques, il apparaît nécessaire que l’intéressé soit préalablement déchargé ou renonce à son premier poste avant de pouvoir être régulièrement installé à la tête de la mairie. Procéder autrement exposerait l’administration provinciale à des contestations sur la légalité de cette installation.
Cette réalité mérite d’être rappelée avec fermeté. Il est trop facile de transformer un impératif administratif en procès politique. Les raccourcis, souvent alimentés par des calculs d’opportunité, entretiennent la confusion et fragilisent inutilement la confiance des citoyens envers les institutions.
Dans ce contexte, les appels à bloquer les activités de Kipushi interpellent. Si la jeunesse a pleinement le droit d’exprimer ses préoccupations, elle ne saurait faire de la paralysie économique et sociale un instrument de pression. Une ville ne se construit ni par les ultimatums ni par les menaces, mais par le respect de l’État de droit et des procédures républicaines.
La balle semble désormais se trouver dans le camp de Justin TAMBWE YAMBUTA. Dès que la question du cumul de fonctions sera légalement réglée, plus rien ne devrait faire obstacle à son installation.
À Kipushi, le débat mérite donc davantage de sérénité que de passion. Les faits, lorsqu’ils sont examinés avec rigueur, parlent souvent plus fort que les rumeurs. Et dans cette affaire, le droit reste le meilleur arbitre.
Rav Daniel Kambowa





