Dans une déclaration solennelle, Jeannot Manianga, du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) et membre du Front Commun pour le Congo (FCC), met en garde contre un précédent dangereux et appelle à la préservation des acquis démocratiques.
La perspective d’une levée des immunités de l’ancien président Joseph Kabila suscite une onde de choc au sein de la classe politique congolaise. Dans une déclaration publique ce vendredi, Jeannot Manianga, coordinateur national de la Ligue des Jeunes du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), formation membre du Front Commun pour le Congo (FCC), a adressé une interpellation directe au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« Nous interpellons solennellement le chef de l’État sur les conséquences graves que pourrait engendrer cette démarche périlleuse, qui viole non seulement la Constitution, mais menace également l’équilibre républicain déjà fragile », a déclaré M. Manianga dans un ton ferme.
Discours intégral de Jeannot Manianga
« Mes chers compatriotes,
Nous assistons aujourd’hui, avec une vive inquiétude, à ce que nous qualifions d’énième violation de la Constitution et des lois de la République. La récente initiative tendant à lever les immunités de l’ancien président Joseph Kabila, en contradiction flagrante avec les dispositions légales garantissant son statut, constitue un précédent dangereux.
En bafouant ainsi les principes républicains qui protègent nos institutions et les personnalités ayant exercé les plus hautes fonctions de l’État, nous risquons d’ouvrir la voie à une instabilité politique chronique, à la politisation de la justice, et à la banalisation de l’État de droit.
Il ne s’agit pas ici de défendre une personne, mais de défendre des principes. Car aujourd’hui, c’est un ancien président. Et demain, qui ? Quel acteur politique pourra encore exercer ses fonctions en toute sérénité, s’il sait que l’alternance pacifique n’est suivie d’aucune garantie légale ?
Nous en appelons à la conscience du président Félix Tshisekedi. Il est garant du bon fonctionnement des institutions. Il lui revient de veiller au respect strict de la Constitution et de préserver les fondements républicains. Ce n’est pas la revanche politique qui doit guider l’action de l’État, mais le respect du droit, la stabilité et l’unité nationale.
Nous en appelons également à la conscience nationale. Que chaque citoyen, chaque leader, chaque jeune prenne la pleine mesure des enjeux. Car lorsqu’on s’attaque aux fondements de l’État de droit, c’est toute la nation qui vacille.
Unissons-nous autour des valeurs républicaines : la justice équitable, le respect de la Constitution, la protection des institutions et la préservation de la paix.
Debout, jeunesse congolaise ! Soyons les sentinelles vigilantes de notre démocratie, et les bâtisseurs d’une République véritablement forte, juste et unie. »
Une levée de boucliers au sein du FCC
Cette prise de position du MSR rejoint les inquiétudes grandissantes exprimées dans les rangs du Front Commun pour le Congo, plateforme politique initiée par Joseph Kabila. Plusieurs cadres estiment que cette procédure, si elle aboutit, traduirait une volonté de règlement de comptes plutôt qu’une quête de justice impartiale.
Une décision à forts enjeux politiques
Si aucune action judiciaire officielle n’a encore été annoncée, la simple évocation de la levée des immunités d’un ancien chef d’État soulève des interrogations sur le respect des garanties constitutionnelles. La loi fondamentale congolaise, notamment en ses articles 104 et 105, encadre strictement le statut des anciens présidents.
Reste à savoir si le président Félix Tshisekedi tiendra compte de cet appel à la retenue, dans un contexte de crise politique déjà tendu.
Rav Daniel Kambowa






