Mutshatsha, Secteur de Luilu, dans un coin reculé du Lualaba où les routes sont impraticables, mais les promesses mirifiques, l’argent public semble avoir développé une étrange capacité : disparaître sans laisser de trace, tel un mirage budgétaire dans la chaleur politique.
Madame Betty Kyando, cheffe du secteur de Luilu, semble avoir pris les finances publiques pour un grand jeu de Monopoly… sauf que sur le plateau, les terrains administratifs n’existent pas. Pourtant, une coquette somme de 170 000 dollars américains a bien été « affectée » (comprendre : évaporée) à l’acquisition d’un terrain administratif. Un terrain fantôme, invisible même par satellite. Madame Kyando, à quand une cartographie de vos illusions d’optique budgétaires ?

Écoles, centres de santé, marchés : Luilu, capitale mondiale de la construction imaginaire ?
Pas moins de 17 écoles et centres de santé, plus un marché flambant neuf et même un hôpital général sont annoncés avec force chiffres et virgules. Le tout pour une somme globale dépassant les 7 millions de dollars.
En théorie, chaque village du secteur devrait ressembler à une maquette de Dubaï. En pratique ? Des terrains vagues, des herbes hautes et parfois une pancarte poussiéreuse plantée là, histoire de dire : « Ici, on a prévu quelque chose ».
Mention spéciale à l’École de Bono Rive Droite, estimée à 443 788,56 $. Vu l’état actuel du site, on espère au moins que l’argent a servi à acheter des stylos en or ou des tableaux interactifs… livrés par pigeon voyageur.
Et que dire des centres de santé ? Si on les compte tous, on pourrait croire que Luilu s’apprête à devenir le hub sanitaire du continent. Malheureusement, dans les faits, les soins se résument encore à une infusion de citronnelle et des prières.
Le Bureau R+2 : La cerise dorée sur le gâteau invisible
Le clou du spectacle reste bien sûr la construction des nouveaux bureaux du secteur R+2 – Phase 1 (oui, car il y aurait une Phase 2, on imagine). Montant : 1 million de dollars. À ce tarif-là, on espère un ascenseur en marbre, des toilettes parlantes et un héliport pour évacuer les consciences gênées.
Trop, c’est trop : l’appel aux institutions
Face à cette boulimie de projets non réalisés, à ce grand carnaval des chiffres, nous lançons un appel pressant :
Inspection Générale des Finances (IGF), Cour des comptes, Assemblée provinciale du Lualaba, Agence de lutte contre la corruption : il est temps de venir respirer l’air du secteur de Luilu. On vous rassure, il est encore pur : les chantiers ne polluent pas… puisqu’ils n’existent pas.
Qu’on nous dise clairement : ces millions, sont-ils allés dans les écoles ou dans les poches ? Dans les centres de santé ou dans les coffres ? Car pour l’instant, le seul hôpital qu’on constate, c’est celui de la gouvernance malade.
Rédaction






