« L’argent public a une odeur à Luilu : celle de la disparition. »
Dans le territoire de Mutshatsha, au cœur du Lualaba, se trouve une enclave oubliée de l’action publique mais pas des lignes budgétaires. Le secteur de Luilu, dirigé par Madame Betty Kyando, est devenu un cas d’école de ce qu’on appelle pudiquement la “gouvernance opaque” — ou plus directement, le naufrage d’une administration locale.
Des millions de dollars, des routes… introuvables
Le budget 2025 prévoyait avec tambour et trompette :
Réhabilitation de la route Mukwiji–Kibila : 100 072,81 $
Réhabilitation de la route Masumbu–Ngaza : 116 084,44 $
Réhabilitation de la piste agricole Lualaba–Kipepe : 122 134,08 $
Réhabilitation de la desserte agricole Kyabukamba–Mpungwe : 100 072,80 $
Réhabilitation de la route ISTM–Mangamanga (10 km) : 100 000,00 $
TOTAL : 538 364,13 $ — disons 540 000 $ pour arrondir le mirage.
À ce prix, on aurait pu s’attendre à voir au moins quelques engins de chantier, des ouvriers, voire un sac de ciment. Mais sur le terrain, les populations n’ont reçu qu’un silence goudronné et des routes toujours aussi impraticables.
Un Monopoly à ciel ouvert
Ce secteur semble géré comme un plateau de Monopoly : on joue avec les montants, on passe par la case “subventions”, on saute la case “réalisation”, et on empoche sans passer par la case “rédevabilité”.
Madame Betty Kyando, cheffe du secteur, fait preuve d’un zèle administratif inversement proportionnel aux résultats visibles. Ici, les mots « transparence » et « bonne gouvernance » ont été rayés du dictionnaire local. Pire : ceux qui posent des questions sont qualifiés de perturbateurs, voire menacés.
Mais qu’on se le dise : nous ne reculerons pas.
Trop c’est trop : l’appel aux institutions
Nous lançons un appel public et solennel :
À l’Inspection Générale des Finances (IGF)
À la Cour des Comptes
À l’Assemblée provinciale du Lualaba
À l’Agence de Lutte contre la Corruption
Venez voir par vous-mêmes : l’air est encore pur ici, car les travaux n’ont même pas commencé.
Journalisme citoyen, devoir d’État
Nous n’avons aucun conflit personnel avec l’administration en place. Nous exigeons simplement ce qui revient au peuple : la vérité sur l’argent public.
La redevabilité n’est pas un luxe, c’est un fondement de l’État de droit. Et tant que cette enquête ne sera pas bouclée, nous poursuivrons notre mission coûte que coûte.
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Rédaction






