À défaut de statuer sur la constitutionnalité des lois, la Cour Constitutionnelle semble s’auto-appliquer le principe de confusion suprême. À deux jours de la fin de son mandat, le très honorable mais très contesté Dieudonné Kamuleta tente une sortie… ou une prolongation, c’est selon, digne des grands thrillers institutionnels made in RDC.
En effet, c’est avec l’énergie du désespoir, ou du calcul bien ficelé, que le Président actuel de la Cour Constitutionnelle a convoqué pour ce vendredi 20 juin une élection censée désigner son successeur. Une initiative annoncée à grands coups d’article 19 de la loi organique n°13/026, envoyée dans une lettre presque solennelle au Chef de l’État, comme pour dire : « Je ne pars pas sans bénédiction. »
Mais attention, dans les coulisses de ce temple du droit, l’unanimité a déserté la robe noire.
Trois juges lèvent la robe de la contestation
D’après les informations de notre rédaction, trois juges ont boycotté la plénière convoquée ce jeudi 19 juin, transformant le quorum en quiproquo. Motif du boycott ? Ils contestent la candidature même de Kamuleta, qu’ils accusent subtilement de vouloir devenir son propre successeur… à durée indéterminée.
Selon ces juges frondeurs, le mandat de Kamuleta en tant que juge court jusqu’en 2027. Or, un mandat de président de Cour est de trois ans. S’il est réélu, il resterait en poste jusqu’en 2028. Autrement dit : une petite année au-delà de son mandat légal comme simple juge. Un léger détail juridique qui, dans un État de droit digne de ce nom, devrait suffire à bloquer toute candidature. Mais en RDC, tout est possible, même un juge qui veut durer plus que sa propre légalité.
Élection ou illusion ?
Ce feuilleton juridico-politique relance la question que personne n’ose vraiment poser à haute voix : la Cour Constitutionnelle est-elle en train de s’auto-saboter ?
Entre convocations controversées, boycott stratégique et guerre froide entre toges, la désignation du futur président vire à une bataille de procédure, pendant que les citoyens, eux, espèrent naïvement qu’on parlera un jour de justice… et pas seulement de ses crises internes.
Dieudonné Kamuleta quittera-t-il la scène le 22 juin comme prévu ou sera-t-il encore là, imperturbable, tel un juge éternel ? La réponse viendra peut-être des urnes internes… ou du silence assourdissant d’un État où même la Constitution semble parfois devoir demander la permission.
Rédaction






