Le Cadastre Minier a sorti le grand jeu : sept certificats de recherche digitalisés, remis solennellement à la société américaine Kobold Metals, en présence de Son Excellence Louis Watum Kabamba, Ministre des Mines. Scène sobre mais hautement symbolique : les États-Unis creusent désormais bien plus qu’un “simple partenariat”, ils plongent leur pioche dans l’avenir minier de la RDC.
Exit les vieilles méthodes poussiéreuses. Kobold débarque avec ses joujoux high-tech et son intelligence artificielle pour scanner chaque caillou, chaque grain de terre. Mais attention, derrière les promesses de numérisation des données géologiques et des grands discours sur la “bonne gouvernance”, certains y voient déjà une nouvelle conquête 2.0, avec Silicon Valley en maître d’œuvre et le Congo en terrain de jeu.
Parmi les joyaux convoités : le projet de roche dure de Manono, province du Tanganyika. Un site où Kobold promet des investissements massifs, “plusieurs dizaines de millions de dollars” d’après son DG en RDC, Benjamin Katabuka. Une partie de la cagnotte est déjà passée à la caisse pour les frais d’octroi des titres miniers. En clair, la machine américaine ne fait pas semblant.
Kobold Metals s’engage à employer davantage de main-d’œuvre congolaise, offrir des formations de pointe et des salaires jugés “équitablement américains”, sans oublier la construction d’infrastructures pour les populations locales. Du rêve qui brille autant que le cuivre… Reste à savoir si, dans quelques années, les routes promises remplaceront vraiment les pistes défoncées ou si tout cela finira en simple storytelling corporate.
De son côté, le Ministre Louis Watum Kabamba a rappelé le mot d’ordre de Félix Tshisekedi : une exploitation minière responsable, innovante et créatrice de richesses. En clair, plus question de se faire rouler. Mais dans les coulisses, la grande question demeure : qui profitera vraiment de cette ruée minière ?
Rav Daniel Kambowa






