Le kidnapping des Kabwelulu : quand la démocratie prend des vacances forcées

Kinshasa – Dans un énième épisode digne d’un thriller politique à la sauce congolaise, le président national de la Ligue des jeunes du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), Jeannot Manianga, crie au scandale après ce qu’il qualifie de « nouvelle provocation orchestrée par un gouvernement en fin de parcours ». Cette fois, la victime n’est autre que l’ancien ministre des Mines, l’Honorable Martin Kabwelulu fidèle du FCC et, visiblement, désormais expert en cache-cache républicain enlevé avec son épouse par des mains invisibles mais bien entraînées.

Selon Manianga, ce double enlèvement ne serait pas une simple bavure sécuritaire, mais bien un acte politique ciblé, une forme d’harcèlement version dictature 2.0, visant les anciens compagnons de route de Joseph Kabila. Un message à peine voilé, adressé à ceux qui oseraient encore rêver d’un come-back nostalgique à la tête de l’État.

« Nous prenons à témoin la communauté nationale et internationale », tonne Manianga, visiblement indigné mais toujours coiffé de son éternelle casquette militante. Il appelle la MONUSCO – oui, elle existe encore – à sortir de sa discrétion légendaire et à faire pression via son Bureau des droits de l’homme, afin que le couple Kabwelu retrouve non seulement sa liberté mais aussi sa dignité.

L’affaire fait déjà bruisser les couloirs des réseaux sociaux et les salons politiques, pendant que le silence du pouvoir en place devient, lui, aussi assourdissant qu’inquiétant. Affaire à suivre… ou à classer dans les archives d’une République qui aime ses mystères.

Glody Mayombo