Levée des immunités d’un ancien président : le MSR met en garde contre une dérive institutionnelle

Dans une déclaration solennelle, Jeannot Manianga, coordinateur national de la Ligue des Jeunes du MSR, dénonce une violation de la Constitution et alerte sur les risques d’instabilité politique.

Kinshasa, le 16 Mai 2025 — Le climat politique s’alourdit en République Démocratique du Congo alors qu’une initiative controversée visant la levée des immunités d’un ancien président de la République alimente les débats. Le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), par la voix de son coordinateur national de la Ligue des Jeunes, Jeannot Manianga, s’est exprimé avec fermeté ce vendredi, mettant en garde contre ce qu’il qualifie d’« énième violation de la Constitution ».

Dans une allocution solennelle, Jeannot Manianga déclare :

« Nous assistons aujourd’hui, avec une vive inquiétude, à ce que nous qualifions d’énième violation de la Constitution et des lois de la République. La récente initiative tendant à lever les immunités d’un ancien chef de l’État, en contradiction flagrante avec les dispositions légales garantissant son statut, constitue un précédent dangereux. »

Selon le responsable du MSR, cette démarche pourrait avoir des conséquences graves pour la stabilité politique du pays et pour l’avenir de l’alternance démocratique :

« Il ne s’agit pas ici de défendre une personne, mais de défendre des principes. Car aujourd’hui, c’est un ancien président. Et demain, qui ? Quel acteur politique pourra encore exercer ses fonctions en toute sérénité, s’il sait que l’alternance pacifique n’est suivie d’aucune garantie légale ? »

Un appel à la mobilisation citoyenne

Au-delà de la dénonciation, Jeannot Manianga a lancé un appel fort à l’unité nationale et à la vigilance de la jeunesse congolaise :

« Nous en appelons à la conscience nationale. […] Unissons-nous autour des valeurs républicaines : la justice équitable, le respect de la Constitution, la protection des institutions et la préservation de la paix. »

Le discours s’est terminé sur une note mobilisatrice :

« Debout, jeunesse congolaise ! Soyons les sentinelles vigilantes de notre démocratie, et les bâtisseurs d’une République véritablement forte, juste et unie. »

Un débat juridique et politique à suivre

La question de la levée des immunités présidentielles suscite de vives réactions tant au sein de la classe politique que dans la société civile. Plusieurs juristes pointent une possible instrumentalisation de la justice à des fins politiques, tandis que d’autres estiment que « nul n’est au-dessus de la loi ». Dans tous les cas, cette affaire pourrait marquer un tournant décisif dans l’histoire institutionnelle du pays.

Rav Daniel Kambowa