Par Marius MUBALAMA, analyste politique proche de Dr Denis MUKWEGE
L’accord-cadre d’Addis-Abeba, signé en 2013, reste l’un des meilleurs instruments jamais mis en place pour rétablir la paix durable en République Démocratique du Congo (RDC). Si cet accord avait été suivi d’une mise en œuvre rigoureuse, il aurait pu transformer notre pays, lui offrant la stabilité et la prospérité qu’il mérite. Cependant, il faut bien admettre que l’absence de volonté politique et le non respect des engagements par les parties prenantes internationaux ont compromis son efficacité.

Aujourd’hui, face à l’escalade de la violence, particulièrement à l’Est du pays, il est impératif de revitaliser cet accord, comme l’a suggéré le Dr Denis Mukwege. Le processus de Luanda et de Nairobi, bien que intentionnés, semblent ne pas offrir les solutions nécessaires pour mettre fin à la crise.
Pour qu’il y ait une paix durable en RDC, il faut une solution mondiale qui ne se contente pas de traiter les symptômes du conflit, mais qui s’attaque à ses racines profondes. Une solution qui inclut tous les acteurs concernés, y compris ceux qui, jusqu’à présent, ont échappé aux pressions internationales : les dirigeants des pays voisins, les entreprises multinationales qui achetent les mineraisconagolais aux pres des agresseurs, les operateurs economiques congolais souvent oubliés dans les négociations alors qu’ils participent d’une maniere ou d’une autre au commerce illicite de matiere premières venant des zones des conflits, et les puissances étrangères qui profitent de cette instabilité.

Une conférence internationale pour la paix en RDC s’avère plus que jamais nécessaire. Cette conférence, qui devrait réunir les grandes puissances mondiales, les acteurs régionaux, et bien sûr les autorités congolaises, donc tout les signateursde l’accord cadre d’addis abeba, aurait pour but de mettre sur la table des solutions concrètes pour rétablir la paix. Elle pourrait être le cadre idéal pour élaborer une stratégie globale, coordonnée et efficace.
Dr Denis Mukwege, en prônant un « business for peace », a bien saisi l’importance de changer les paradigmes. La guerre ne profite qu’à quelques acteurs économiques qui tirent leur épingle du jeu du chaos. Mettre un terme à ce phénomène, c’est mettre fin à cette logique du profit par la guerre, et ouvrir la voie à une véritable reconstruction de notre pays. Une paix durable en RDC ne pourra être obtenue qu’en engageant tous les acteurs du conflit, en renforçant l’unité nationale et en s’attaquant aux intérêts extérieurs qui exacerbent la violence.
En conclusion, la RDC mérite plus qu’un simple processus de paix par étapes. Il nous faut un plan audacieux, global et inclusif pour mettre un terme aux souffrances de notre peuple et pour assurer la stabilité de la région. C’est le moment de revitaliser l’accord-cadre d’Addis-Abeba et de lancer une conférence internationale pour la paix, afin de poser les bases d’une paix durable pour notre pays et pour la région.
@Danielkambowa






