La mobilisation de la Coalition Article 64 (C64) prend une nouvelle dimension. Alors que l’opposition congolaise maintient son appel à une marche nationale le 15 septembre 2026 et rejette le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi, les relais de la diaspora commencent eux aussi à se positionner.
C’est dans ce contexte qu’un échange entre Hervé Tansia, leader des jeunes et membre de la diaspora congolaise, et Jean-Marc Kabund, figure de la C64, s’est tenu lors d’un Space sur X organisé par Stanis Bujakera.
La diaspora au cœur de la stratégie de mobilisation
Au cours de cet échange, Hervé Tansia a interrogé Jean-Marc Kabund sur la capacité de la C64 à mobiliser les Congolais vivant à l’étranger autour de ses prochaines actions.
La question intervient alors que la C64 entend faire du 15 septembre une nouvelle étape de sa mobilisation contre tout projet de modification de la Constitution. La coalition, qui réunit notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, a récemment réaffirmé son opposition aux consultations annoncées par Félix Tshisekedi.
Pour Hervé Tansia, l’enjeu dépasse donc les frontières de la RDC : il s’agit de donner à la diaspora un rôle actif dans l’accompagnement des initiatives portées par la C64.
Kabund mise sur une mobilisation décalée en Europe
Jean-Marc Kabund a expliqué que la date du 15 septembre, fixée en semaine, pourrait compliquer la participation des Congolais établis en Europe, dont une grande partie est engagée dans des activités professionnelles.
Selon lui, plutôt qu’une mobilisation simultanée le même jour, les structures de la C64 présentes en Europe pourraient organiser leurs propres manifestations durant le week-end suivant.
L’objectif serait de créer un effet de continuité entre la mobilisation menée en RDC et celle de la diaspora.
« Nous, nous allons marcher ici à Kinshasa le mardi 15 septembre. Mais nos compatriotes en Europe pourraient […] organiser une grande manifestation le samedi de la même semaine », a expliqué Kabund lors de l’échange.
Du Space sur X à une mobilisation sur le terrain ?
Cet échange intervient à un moment où le bras de fer entre le pouvoir et une partie de l’opposition congolaise se durcit.
La C64 a annoncé une marche nationale le 15 septembre, avec plusieurs points de rassemblement à Kinshasa devant converger vers le Palais du Peuple. La coalition affirme vouloir défendre l’ordre constitutionnel et s’opposer à toute initiative susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à une modification de la Constitution et à un éventuel troisième mandat présidentiel.
Le mouvement prend une dimension supplémentaire depuis le rejet par la C64 du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Dans un communiqué publié le 28 août, les cinq principales figures de la coalition ont qualifié les consultations proposées de démarche insuffisamment inclusive et ont maintenu leur appel à la mobilisation du 15 septembre.
La jeunesse de la diaspora, nouveau relais de la C64 ?
Derrière la discussion entre Hervé Tansia et Jean-Marc Kabund se dessine une autre question : quelle place la jeunesse congolaise de la diaspora entend-elle occuper dans la bataille politique qui s’annonce ?
Le terme de « réarmement » employé dans le débat doit ici être compris dans son sens politique et citoyen : renforcer l’organisation, la communication et la mobilisation des jeunes de la diaspora autour des positions défendues par la C64, et non comme un appel à la violence ou à l’action armée.
Cette précision est importante alors que la RDC traverse une période particulièrement sensible, marquée par la guerre dans l’Est et par une forte polarisation du débat politique.
Pour la C64, la prochaine échéance sera donc autant nationale qu’internationale. Le 15 septembre pourrait devenir un test de capacité de mobilisation pour l’opposition congolaise, mais aussi un indicateur de l’influence réelle de ses réseaux au sein de la diaspora.
Reste désormais à savoir si les structures européennes de la C64 parviendront à transformer cet appel en mobilisation concrète dans les principales villes européennes.
Une chose est certaine : le bras de fer autour du dialogue, de la Constitution et de l’avenir politique de la RDC ne se joue plus seulement à Kinshasa.
Rav Daniel Kambowa





