Une nouvelle réflexion politique prend forme autour d’une idée centrale : faire de la souveraineté nationale le socle de la gouvernance en République démocratique du Congo. Lors d’une rencontre réunissant notamment des acteurs politiques, des professionnels des médias et différentes catégories de la société, Me Djagast Djamel initiateur du projet a défendu la nécessité d’une « rupture » dans la manière de penser et de gérer l’État congolais.
Selon lui, la RDC ne souffre pas d’un manque de partis politiques ou de regroupements, mais d’un déficit de vision stratégique à long terme. Il appelle ainsi à dépasser les logiques partisanes pour construire une génération de décideurs davantage tournée vers la puissance et les intérêts de l’État.
Au cœur de cette vision figure le concept de « souverainisme congolais ». Celui-ci devrait, selon son initiateur, devenir une véritable culture d’État et orienter des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’industrie, la justice, la défense, la formation et les médias.
L’objectif affiché est notamment de réduire la dépendance extérieure, développer la transformation locale des ressources minières, renforcer la souveraineté alimentaire et améliorer les capacités nationales.
Cette doctrine ne se limiterait pas aux discours. Son promoteur annonce la création prochaine d’un « État-major de la souveraineté nationale », présenté non pas comme un parti politique, mais comme un cadre de réflexion, de formation et de mobilisation autour des intérêts stratégiques de la RDC.
Le projet soulève toutefois une question essentielle : comment concilier cette volonté de renforcer l’État avec le pluralisme politique et les principes démocratiques ? C’est probablement l’un des principaux défis auxquels cette nouvelle doctrine devra répondre.
Pour son initiateur, la démarche doit suivre une progression précise : « une idée devient conviction, une conviction devient doctrine, une doctrine devient organisation, une organisation devient génération et une génération devient une force capable de transformer l’histoire. »
Le souverainisme congolais entend ainsi se présenter moins comme une nouvelle formation politique que comme une tentative de construire, en amont du pouvoir, une nouvelle culture de gouvernance.
Rav Dangel Kambowa





