100 JOURS DE MADAME JOYCE TUNDA : QUE SE PASSE-T-IL VRAIMENT À LA MAIRIE DE LUBUMBASHI ?

Cent jours, c’est à peine le temps pour une saison de pluie de laisser ses traces dans les caniveaux de Lubumbashi. Mais à la mairie, ce cap symbolique semble déjà servir de thermomètre politique et social. Et, à en croire les proches collaborateurs de Madame le Maire, la ville ne serait plus tout à fait la même.

Lors d’une émission spéciale organisée ce vendredi et suivie de près par Congo Buzz Télévision, conseillers et coordonnateurs ont dressé un bilan qu’ils qualifient sans hésitation de « prometteur ». Le conseiller en communication, Smith Masumba, n’a pas mâché ses mots : selon lui, en seulement 100 jours, le social a cessé d’être un simple slogan pour devenir un chantier visible.

Dans le secteur de l’assainissement, longtemps considéré comme le talon d’Achille de la capitale cuprifère, la mairie a misé sur une stratégie à double impact : nettoyer la ville tout en créant de l’emploi. Aux côtés des agents municipaux, des partenaires privés recrutent exclusivement de la main-d’œuvre locale. Résultat : des dizaines, voire des centaines de Lushois participent désormais à la reconquête de leur propre ville, balais à la main et espoir au cœur. Et fait rare : certains travaillent même la nuit, pendant que la ville dort, pour que Lubumbashi se réveille plus digne au petit matin.

Notre équipe a sillonné le centre-ville après la tombée de la nuit : silhouettes fluorescentes, camions en mouvement, balayeurs concentrés… une scène presque inhabituelle pour une ville longtemps habituée à l’obscurité administrative. Au lever du jour, les avenues témoignent de ce travail discret mais déterminé.

Sur le plan sécuritaire et social, les opérations visant à encadrer les enfants en situation de rue se poursuivent. Une démarche qui, au-delà des statistiques, soulève un enjeu humain majeur : redonner un avenir à ceux que la rue avait adoptés avant la République. En parallèle, la mairie annonce l’arrivée prochaine de l’éclairage public, un projet en cours qui pourrait transformer les nuits lushoises — et, accessoirement, réduire le terrain de jeu des inciviques.

Car oui, la mairie prévient déjà : après la phase de sensibilisation viendra celle des décisions. Ceux qui confondent caniveaux et poubelles pourraient bientôt découvrir que la patience municipale a ses limites.

Entre satire et réalité, Lubumbashi semble entrer dans une phase où la propreté devient un message politique et l’assainissement, un symbole d’autorité retrouvée. Cent jours ne suffisent pas à tout transformer, mais ils peuvent suffire à envoyer un signal : celui d’une ville qui refuse désormais de s’abandonner à elle-même.

Rav Daniel Kambowa