Dans une déclaration qui a fait l’effet d’un séisme politique, les responsables du parti dénoncent une gestion qu’ils jugent trop personnelle, éloignée des principes de concertation et de collégialité qui fondent l’existence même de toute formation politique moderne. À les entendre, l’ARDEV aurait progressivement quitté le terrain du dialogue pour emprunter celui des décisions solitaires.
Avec une pointe d’ironie que l’actualité impose parfois, certains observateurs notent qu’un parti politique n’est pas une entreprise familiale où l’on signe les décisions dans le salon avant d’en informer les membres. À l’ARDEV, les cadres semblent aujourd’hui rappeler une règle élémentaire de la démocratie interne : même le président le plus influent a besoin de son équipe.
Au-delà des critiques, les signataires expriment leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un affaiblissement des liens entre le parti et les institutions de l’Union Sacrée de la Nation. Ils regrettent également un éloignement progressif de la base militante, pourtant moteur essentiel de toute organisation politique ambitieuse.
Face à cette situation, les cadres de l’ARDEV ont choisi la voie de la restructuration plutôt que celle de la résignation. La mise en place d’un comité de crise vise à redonner un nouveau souffle à la formation politique, avec l’ambition affichée de restaurer la cohésion interne et de renforcer sa présence au sein de la majorité présidentielle.
Dans leur message final, les responsables du parti ont réaffirmé leur fidélité au Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en appelant les militants à la mobilisation. Une manière de rappeler que, dans la vie politique comme dans toute grande famille, les disputes de salon ne signifient pas forcément la fin de l’histoire, mais parfois le début d’une remise en ordre nécessaire.
Reste désormais à savoir quelle sera la réponse de Jacques Kyabula Katwe face à cette contestation interne. Une chose est certaine : à l’ARDEV, le débat est désormais ouvert, et les prochains jours pourraient être décisifs pour l’avenir de cette formation politique.
Rav Daniel Kambowa





