lubumbashi : quand la mairie est accusée de jouer « deux poids, deux mesures »
Une lettre ouverte du parti Envol, signée par Me Aubin Kasongo, met directement en cause la gestion des manifestations publiques par l’autorité urbaine. Au cœur de la polémique : le traitement réservé à une marche de l’opposition et celui accordé, quelques jours plus tard, à une mobilisation de la famille politique au pouvoir.
À Lubumbashi, la bataille politique semble désormais se jouer jusque dans les rues… et devant les portes de la mairie. Dans une lettre ouverte adressée à Madame le Maire, Me Aubin Kasongo, président fédéral de l’Envol, dénonce ce qu’il présente comme une « gouvernance à deux vitesses » dans la gestion des manifestations publiques.
Selon l’Envol, une marche organisée le 15 septembre par des membres de l’opposition aurait été confrontée à un dispositif sécuritaire important et dispersée par les forces de l’ordre. La formation politique affirme également que plusieurs de ses militants auraient été interpellés et que des blessés auraient été enregistrés. Ces affirmations sont formulées dans la lettre comme des griefs adressés à l’autorité urbaine.
Mais le véritable morceau de bravoure de la missive se trouve ailleurs : dans la comparaison avec une marche organisée quelques jours plus tard par la famille politique de la maire. Celle-ci, affirme l’Envol, aurait bénéficié d’un encadrement sécuritaire permettant son déroulement sans entrave. Deux marches, une même ville, une même administration : la question posée par l’opposition est donc aussi simple que piquante : pourquoi pas les mêmes règles pour tout le monde ?
La lettre rappelle, en s’appuyant notamment sur l’article 26 de la Constitution, que la liberté de manifestation constitue un droit constitutionnel. L’Envol reproche ainsi à l’autorité urbaine de transformer, selon son expression, un devoir d’encadrement en mécanisme de restriction. Une accusation sérieuse, que la mairie pourrait naturellement être appelée à éclaircir.
Car dans une ville politiquement aussi disputée que Lubumbashi, la mairie n’est pas censée distribuer des cartons d’invitation selon la couleur politique. Une autorité urbaine est, par définition, celle de tous : ceux qui applaudissent, ceux qui protestent et même ceux qui trouvent que tout le monde parle trop.
La polémique est donc désormais sur la table de Madame le Maire. Au-delà des appartenances partisanes, la question soulevée par cette lettre ouverte touche à un principe essentiel de la gouvernance locale : les libertés publiques peuvent-elles être encadrées différemment selon celui qui descend dans la rue ?
À Lubumbashi, l’opposition demande une réponse. Et, cette fois, ce n’est pas seulement la rue qui regarde l’hôtel de ville : c’est aussi le principe d’égalité devant l’autorité publique.






