C64 : le Présidium désavoue Fayulu, Kabund et Sessanga, ainsi que les conclusions du conclave de Rome : la coalition au bord de l’implosion ?

C64 : le Présidium désavoue Fayulu, Kabund et Sessanga, ainsi que les conclusions du conclave de Rome : la coalition au bord de l’implosion ?

La Coalition Article 64 (C64) est confrontée à des divergences internes sur sa stratégie politique et son fonctionnement. Dans une déclaration rendue publique le 28 octobre 2026, treize membres de la Conférence des présidents contestent les orientations prises par le Présidium à l’issue du conclave organisé à Rome, en Italie, du 25 au 27 octobre.

Parmi les signataires figurent Jean-Claude Kibala, Emery Okundji, Ados Ndombasi et Me Jeannot Lompempe. Ces responsables remettent en cause la démarche adoptée par le Présidium, notamment sur le respect des règles internes de la coalition et la définition de ses priorités politiques.

Au cœur de leur contestation se trouve la question de la gouvernance interne. Les treize membres rappellent que, conformément au Pacte de confiance, la Conférence des présidents constitue l’organe décisionnel de la C64. Ils reprochent ainsi au Présidium d’avoir engagé des initiatives stratégiques sans respecter, selon eux, les mécanismes de décision collective.

Au-delà de cette question organisationnelle, les signataires expriment également leur désaccord avec la volonté du Présidium de faciliter une rencontre entre le président Félix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila. Pour eux, la mission première de la C64 reste la défense de la Constitution, des acquis démocratiques et de l’alternance politique. La coalition ne devrait donc pas, selon leur position, se substituer aux mécanismes de médiation nationale.

Les contestataires réaffirment toutefois leur soutien à un dialogue inclusif, sous la facilitation notamment de l’Église du Christ au Congo (ECC), de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Union africaine et de la communauté internationale.

« Défendre l’ordre constitutionnel commence par le respect des règles qui nous unissent », soulignent-ils dans leur déclaration.

Les treize responsables réclament par ailleurs la libération immédiate et sans condition de Marley Vuvu, Prince Epenge et Stéphane Shiso.

Cette prise de position met en lumière des divergences au sein de la C64, à un moment où la coalition entend peser dans la recherche d’une issue à la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Reste à savoir si ces désaccords déboucheront sur une réorganisation de ses instances ou sur une fracture plus profonde autour de sa ligne politique et de son approche du dossier Joseph Kabila.

Rav Daniel Kambowa