Après des semaines de silence, Jacques Kyabula a enfin brisé le mutisme… ou du moins ce qu’il considère comme tel. Dans une sortie télévisée qui ressemble davantage à un one-man-show qu’à un exposé politique, le gouverneur sortant de ses gonds a lancé des accusations à peine voilées contre le sommet de l’État.
Selon Kyabula, il ne s’agirait pas de simples divergences politiques : les collaborateurs du chef de l’État auraient, dit-il, organisé un complot contre lui. Le gouverneur “bloqué à Kin” dénonce des manœuvres en coulisses, des discours découpés, remixés et exploités pour le décrédibiliser, laissant l’impression qu’il regarde une partie de monopoly politique où les règles sont faites pour qu’il perde.
Au menu de cette grande confession : complot, trahison et remix de discours. Selon lui, le grand maître d’orchestre ne serait autre que Danny Banza Maloba, accusé d’avoir sorti la grosse caisse financière pour “saboter son message” en complicité avec Danny Kabongo un sénateur de l’UDPS et d’autres “acteurs de terrain” qu’il n’a pas encore castés publiquement.
« On a pris mon discours, on l’a découpé comme un morceau de viande au marché, on a jeté les parties qui dérangent et on a gardé ce qui arrange leurs oreilles », s’est plaint Kyabula, avec l’émotion d’un acteur principal oubliant son texte en direct.
Dans la logique kyabulienne, il ne s’agirait pas d’un simple désaccord politique… mais bien d’une guerre ouverte menée par l’ambassadeur Banza depuis que lui, Kyabula, a choisi de “cheminer aux côtés de l’UDPS”. Un chemin visiblement parsemé de mines politiques.
Si la sortie médiatique de Kyabula avait pour but de rallier la sympathie, elle a surtout révélé une stratégie classique : pointer du doigt le sommet sans jamais le nommer vraiment, mais suffisamment pour que tout le monde comprenne le message. Le mélange de victimisation, de “discours coupé” et de “complot venu d’en haut” transforme cette sortie en une véritable pièce de théâtre politique, où Kyabula se pose en victime tandis que l’État devient un ennemi invisible mais omniprésent.
Kinshasa, elle, observe. Entre sourires et haussements de sourcils, la capitale semble se demander si l’on assiste à un avertissement sérieux ou simplement à un épisode de plus dans la saga des guerres intestines du pouvoir.
Rav Daniel Kambowa






