Haut-Katanga : À Kasenga, la digue Mulaisho sort enfin de terre et Martin Kazembe Shula soigne son image d’homme de parole

Dans le territoire de Kasenga, au cœur du Haut-Katanga, c’est un chantier que beaucoup n’osaient plus espérer voir démarrer. La construction de la digue Mulaisho a enfin pris son envol, et les premiers coups de pelle sont accueillis comme une petite révolution locale.


Et si l’on en croit les mots soigneusement pesés de l’honorable député provincial François Mununga, élu de Kasenga, « tout évolue très bien ». Une phrase simple, presque trop sage… mais qui, dans le contexte congolais, sonne comme un véritable hymne à l’efficacité.

Car derrière ce chantier, il y a un nom : Martin Kazembe Shula, gouverneur intérimaire, surnommé par ses partisans Mwana Mayo, l’« homme de parole ». Un sobriquet qui, dans la région, vaut autant certificat d’authenticité que slogan politique.
À Mulaisho, les habitants en sourient : « Si tous les hommes de parole pouvaient être aussi concrets… » glisse un vieux cultivateur, amusé de voir les engins tourner « pour de vrai ».

Une digue stratégique, un symbole politique

La digue Mulaisho ne représente pas qu’un simple ouvrage technique : elle est une promesse de sécurité face aux crues, une bouffée d’espoir pour l’agriculture locale… et, reconnaissons-le, une aubaine politique dans une province où les images de terrain valent mieux que mille discours.

D’ailleurs, même les sceptiques ces éternels méfiants qui, jusque-là, surveillaient le dossier comme on surveille un élève à problèmes doivent admettre que le chantier avance sans faux pas visibles.
Un exploit qui, dans la satire congolaise, s’explique parfois par des raisons mystiques : « Peut-être que la digue a peur de décevoir Mwana Mayo… » lancent des jeunes du coin, mi-moqueurs, mi-admiratifs.

Mununga applaudit, Kasenga respire

Lors de sa récente descente sur le site, le député Mununga s’est voulu rassurant. Pas de longues phrases, pas de promesses futuristes : juste un constat. Sobre. Presque trop.
Mais derrière cette retenue, les équipes provinciales, elles, travaillent. Et les populations observent.
Le gouverneur intérimaire, lui, engrange des points, un ouvrage à la fois.

Entre satire et réalité : un signal positif

Dans un pays où les inaugurations se font parfois avant les travaux, celui de Mulaisho prend le contre-pied : ici, les travaux ont commencé avant les discours.
De quoi donner envie aux chroniqueurs les plus taquins de rebaptiser le gouverneur : « Monsieur Fait avant de dire ».

Reste à suivre l’évolution du projet. Mais pour l’instant, du côté de Kasenga, une chose est sûre : la digue avance, et l’image de Mwana Mayo aussi.

Rav Daniel Kambowa