ONU : Washington accuse frontalement Kigali, “Le Rwanda amène la région vers la guerre”

Conseil de sécurité, vendredi 12 décembre 2025.
Pour sa première prise de parole publique en tant que pays médiateur de l’Accord de Washington, les États-Unis ont choisi la fermeté. Très loin des formules diplomatiques habituelles, Washington s’est dit « profondément préoccupé et extrêmement déçu » par l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Lors de cette session spéciale consacrée au conflit en cours, l’ambassadeur Mike Waltz a livré l’un des discours les plus directs prononcés ces dernières années sur la crise régionale.

“L’implication personnelle de Paul Kagame”

Selon le représentant américain, les informations reçues par Washington confirment désormais « l’ampleur et la sophistication de l’intervention rwandaise » aux côtés du M23. Il parle même d’une “implication personnelle de Paul Kagame” dans la conduite des opérations armées en RDC.

Chiffres à l’appui, Mike Waltz affirme que 5.000 à 7.000 soldats rwandais seraient engagés dans l’Est congolais, en soutien direct aux positions du mouvement rebelle.
Plus encore : des missiles sol-air auraient été déployés pour verrouiller l’espace aérien et sécuriser l’avancée des troupes sur le terrain.

Uvira : une tentative de prise soutenue par des drones kamikazes

Le diplomate américain évoque également une offensive conjointe Rwanda–M23 visant la ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu.
Washington parle d’un recours intensif aux drones kamikazes d’origine turque, une escalade technologique qui rebat les cartes militaires dans la région.

“Le Rwanda amène la région vers la guerre”

Dans un ton inhabituellement sévère, Washington ne cache plus son exaspération envers Kigali :

« Au lieu d’avancer vers la paix, le Rwanda amène la région vers la guerre », déclare Mike Waltz.

Le message est clair : les États-Unis estiment que Kigali fait obstacle à tout processus de désescalade, malgré les engagements formels pris dans le cadre de l’Accord de Washington.

“Nous utiliserons tous les outils à notre disposition”

En conclusion, l’ambassadeur américain a promis une réponse ferme :
Les États-Unis sont prêts à « utiliser tous les outils à notre disposition pour mettre un terme à cette spirale ».

Une déclaration qui laisse entendre un possible durcissement :
sanctions, pressions diplomatiques, restrictions militaires — Washington semble préparer un changement de doctrine vis-à-vis du Rwanda.

Une rupture dans le discours occidental

Cette prise de position constitue un tournant majeur :
rarement une puissance occidentale s’était exprimée avec autant de netteté sur le rôle présumé de Kigali dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.

Reste désormais à savoir si cette fermeté américaine se traduira par des actions concrètes, ou si elle restera un signal diplomatique adressé à Kigali… et à Kinshasa.

Rav Daniel Kambowa