Parfois, dans l’administration congolaise, le bruit précède toujours l’ordre. Et souvent, ce sont ceux qui ont peur du ménage qui crient le plus fort. L’Inspection Générale de la Territoriale (IGTER) en offre aujourd’hui une illustration presque pédagogique.

Selon Bercky Lokale, analyste et expert en communication politique et sociale, le dossier qui oppose certains acteurs à l’actuel Inspecteur Général, Roger Lumbila, n’est ni un simple malentendu ni un conflit administratif ordinaire. C’est, dit-il, la résistance classique d’un ancien système face à l’arrivée d’un homme décidé à remettre de l’ordre.
« Beya Mulumba ne peut pas prétendre être membre de l’UDPS en ternissant son image. Il a un parcours très sombre : trahison en 1998, deux ans de prison à Ndolo, épisode Kamwena Nsapu… et aujourd’hui, il veut donner des leçons de morale institutionnelle », rappelle Bercky Lokale.
Quand l’indiscipline se déguise en revendication
Refuser de restituer les véhicules de l’État, ignorer l’autorité du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, boycotter une cérémonie officielle de remise et reprise… on appelle cela comment ? Résistance politique ? Ou simple refus d’accepter la fin d’un règne personnel ?
Plus grave encore, selon les mêmes sources, la manipulation de jeunes délinquants pour semer le trouble au sein même de l’IGTER ressemble moins à un combat pour la justice qu’à une tentative désespérée de créer le chaos pour rester pertinent.
Dans ce théâtre, certains jouent les révolutionnaires, mais les décors sentent encore la vieille administration qui avait transformé les institutions en propriétés privées.
Roger Lumbila : le choix de la maison et de la reconstruction
Face à cette agitation, Roger Lumbila apparaît comme tout le contraire :
Un « fils maison », un technicien, un homme qui connaît l’institution, ses forces, ses faiblesses, et surtout ses urgences.
« Il a l’intelligence de la situation et le souci naturel de redresser cette inspection, qui est un service technique d’appui du gouvernement central d’une importance capitale », souligne Bercky Lokale.
En pleine période d’agression du pays, l’IGTER n’a pas besoin de cris, mais de colonne vertébrale. Elle n’a pas besoin de spectacles, mais de rigueur, de méthode et d’autorité administrative.
Le paradoxe congolais : ceux qui ont tout cassé crient au scandale quand on sort le balai
Il y a dans cette affaire quelque chose de presque comique :
- Ceux qui ont contribué à fragiliser l’institution parlent aujourd’hui de sa défense.
- Ceux qui ont confondu service public et patrimoine privé dénoncent soudain l’« injustice ».
La vérité est souvent simple : quand la réforme arrive, les privilèges partent — et les lamentations commencent.
Une bataille entre deux visions
D’un côté :
- La nostalgie du désordre organisé,
- Les réseaux, les habitudes, les méthodes d’hier.
De l’autre :
- Roger Lumbila,
- La restauration de l’autorité,
- La reconstruction d’un service stratégique pour l’État congolais.
Conclusion : Le temps du bruit passera, celui des institutions restera
L’histoire administrative du Congo est claire : ceux qui travaillent sérieusement sont rarement les plus bruyants. Roger Lumbila n’a pas besoin de spectacles. Il a une mission : reconstruire, sécuriser, crédibiliser l’IGTER.
Et comme souvent dans ce pays, ce n’est pas la réforme qui dérange — c’est la fin des habitudes.
Rav Daniel Kambowa






