Haut-Katanga : Kasumbalesa érigée en ville, Kipushi toujours dans le flou administratif

Dans la République des arrêtés, des enquêtes « minutieuses » et des statuts qui tombent parfois plus vite que la pluie en saison humide, une voix s’élève posée, déterminée, mais légèrement ironique.

Mauricette Yowari s’interroge. Et quand elle s’interroge, ce n’est pas pour remplir un cahier, mais pour interpeller l’autorité compétente : le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.

Au cœur du débat : le statut administratif de Kipushi

Pendant que Kasumbalesa savoure son rang de ville fraîchement consacrée après des enquêtes qualifiées de « minutieuses » un adjectif devenu presque mythique Kipushi, avec son potentiel économique, ses infrastructures et son histoire, continue de chercher sa carte d’identité administrative. Ville ? Commune ? Suspense national.

Mauricette Yowari ne crie pas au scandale. Elle pose une question simple, mais redoutable :

Les critères d’érection en ville sont-ils les mêmes pour tous ?

Car si les enquêtes sont minutieuses ici, elles doivent l’être partout. Si les exigences sont élevées là-bas, elles doivent l’être également ailleurs.

Dans sa démarche, il n’est nullement question d’opposer Kasumbalesa à Kipushi. Au contraire, la patriote insiste sur la cohérence institutionnelle et l’équité territoriale. Pour elle, un statut administratif n’est pas un trophée à brandir, mais un outil structurant pour le développement local, la gestion budgétaire et la stabilité institutionnelle.

Avec une formule qui circule déjà dans les cercles politiques, elle résume le sentiment général :

« Là où les enquêtes sont minutieuses, le statut tombe ; là où le potentiel est réel, le doute persiste. »

Un clin d’œil satirique, certes. Mais un message sérieux.

L’interpellation est désormais sur la table du ministère. Reste à savoir si une clarification viendra dissiper le flou administratif qui entoure Kipushi et, au passage, rassurer tous ceux qui croient encore que la République fonctionne avec des règles identiques pour chacun.

Dans ce feuilleton administratif, une chose est sûre : le débat est lancé… et il est posé avec élégance.

Rav Daniel Kambowa