À peine installée aux commandes de la société publique de transport urbain TRANSCO, la nouvelle direction n’a pas perdu de temps pour aller prendre ses instructions auprès de l’autorité de tutelle. Le jeudi 5 mars, le Directeur général ad intérim Jérémie Kilubu et son adjoint Luthanges Kanto ont été reçus par le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, pour une séance de travail à la fois stratégique et très attendue.
Dans les couloirs feutrés du ministère, l’heure n’était pas aux discours interminables mais à la définition d’un cap clair. Fraîchement propulsée à la tête d’une entreprise publique souvent scrutée, parfois critiquée mais toujours indispensable au quotidien des Kinois, la nouvelle équipe dirigeante de TRANSCO est venue présenter sa feuille de route et écouter les orientations de l’autorité politique.
Un diagnostic lucide et un chantier colossal
À Kinshasa, parler de transport public relève parfois presque de la théologie : il faut souvent beaucoup de foi pour croire qu’un bus arrivera à l’heure. Entre l’insuffisance du parc automobile, la pression démographique de la capitale et certaines pratiques administratives peu orthodoxes, TRANSCO a longtemps roulé avec le frein à main.
Conscient de ces défis, le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba a encouragé la nouvelle direction à engager une véritable cure de modernisation afin de transformer l’entreprise en un outil efficace au service de la mobilité urbaine.
Quatre priorités pour remettre TRANSCO sur la route
Au terme de cette première séance de travail, quatre axes majeurs ont été retenus :
- La digitalisation des services : moderniser la gestion grâce aux outils numériques, notamment la billetterie électronique et la traçabilité des recettes.
- L’augmentation du parc automobile : porter progressivement la flotte jusqu’à 1 000 bus pour améliorer la desserte dans la capitale.
- Une gestion saine et rigoureuse : renforcer la gouvernance financière et instaurer davantage de transparence dans la gestion de l’entreprise.
- La lutte contre le coulage des recettes : mettre fin aux pertes financières liées aux mauvaises pratiques et garantir que chaque franc congolais arrive à destination.
Une mission sous haute surveillance… et pleine d’espoir
Dans un contexte où la gouvernance des entreprises publiques constitue un enjeu majeur en République démocratique du Congo, cette rencontre marque le début d’une nouvelle étape pour TRANSCO.
Avec Jérémie Kilubu et Luthanges Kanto, la promesse est simple : remettre l’entreprise sur de bons rails ou plutôt sur de bonnes routes. Reste désormais à transformer les orientations ministérielles en résultats visibles dans les rues de Kinshasa.
Car pour les millions d’usagers qui attendent chaque matin à un arrêt poussiéreux, le véritable test ne se jouera ni dans les réunions ni dans les communiqués. Il se jouera dans un détail très simple : voir arriver un bus… et pouvoir monter dedans.
Et à Kinshasa, ce serait déjà une petite révolution.
Rav Daniel Kambowa






