La viralité des réseaux sociaux a cette particularité : elle peut transformer une scène de quelques secondes en véritable affaire publique. Dans le Haut-Katanga, les individus aperçus dans une vidéo largement partagée sur les plateformes numériques, présentés comme des « boxeurs », ont finalement quitté l’univers des écrans pour celui des autorités.
Ce mardi, ils ont été présentés, aux côtés de plusieurs présumés voleurs de cathodes, devant le gouverneur intérimaire de la province, Martin Kazembe Shula. Une séquence qui illustre la volonté affichée des autorités provinciales de durcir la lutte contre le banditisme urbain et le trafic des minerais stratégiques.
Le message se veut clair : dans une province où le cuivre et le cobalt constituent des ressources majeures, les cathodes ne doivent plus emprunter des itinéraires clandestins. Quant aux démonstrations de force qui alimentent les réseaux sociaux, elles risquent désormais de trouver un public moins enthousiaste : celui des services de sécurité et de la justice.
Sans se substituer aux juridictions compétentes, les autorités rappellent que les personnes présentées bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision de justice. Les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités de chacun.
Au-delà du symbole, cette présentation s’inscrit dans une stratégie plus large de restauration de l’autorité de l’État dans le Haut-Katanga. Une manière, pour l’exécutif provincial, de rappeler que les vidéos virales peuvent faire le tour du monde en quelques heures, mais que la loi, elle, finit souvent par rattraper leurs auteurs présumés.
Rav Daniel Kambowa






