Chine, Russie, Corée du Nord : les références qui interrogent le modèle de souverainisme congolais

Chine, Russie, Corée du Nord : les références qui interrogent le modèle de souverainisme congolais

Pour défendre sa conception du « souverainisme congolais », Me Djagast Djamba n’a pas hésité à citer des États dont les modèles politiques sont très éloignés de celui de la RDC. Chine, Russie et Corée du Nord sont notamment présentées comme des exemples de pays ayant placé la puissance et la survie de l’État au cœur de leur stratégie.

L’objectif, précise-t-il, n’est pas de prôner l’isolement diplomatique ni de supprimer le pluralisme politique. Il affirme plutôt vouloir tirer une leçon de leur capacité à défendre leurs intérêts nationaux et à développer leurs capacités stratégiques.

La Chine est évoquée pour sa puissance économique et militaire, tandis que la Russie est citée à travers la notion de dissuasion et de puissance étatique. La Corée du Nord est, elle aussi, mentionnée pour illustrer la capacité d’un État à préserver ce qu’il considère comme ses intérêts fondamentaux.

Cette comparaison est toutefois politiquement sensible. Ces pays disposent de systèmes institutionnels et de pratiques politiques très différents, et leurs modèles ne peuvent être réduits à la seule question de la puissance nationale.

Le débat posé par le discours est donc plus large : la RDC peut-elle renforcer sa souveraineté sans remettre en cause son pluralisme politique et ses libertés publiques ?

L’orateur affirme vouloir privilégier la production nationale, la transformation locale des minerais, la souveraineté alimentaire, la formation des cadres et le renforcement des capacités de défense.

La question reste désormais de savoir comment traduire cette vision en politiques publiques concrètes.

Car la souveraineté ne se mesure pas uniquement à la puissance militaire ou au poids diplomatique. Elle se construit également à travers des institutions solides, une économie productive, une population formée et une capacité durable à décider de son propre destin.

C’est précisément sur ce terrain que le « souverainisme congolais » devra désormais démontrer sa portée.

Rav Daniel Kambowa