Le concept intrigue déjà. L’« État-major de la souveraineté nationale », annoncé comme prochaine étape du projet de « souverainisme congolais », entend se distinguer des partis politiques et des regroupements traditionnels.
Me Djagast Djamel, Son initiateur est catégorique : il ne s’agit ni d’un parti ni d’un regroupement politique. La structure devrait plutôt constituer, selon lui, un cadre permettant de réunir des Congolais issus de différents horizons autour d’un objectif commun : renforcer la puissance et la souveraineté de la RDC.
L’idée repose sur un constat : les crises nationales provoquent régulièrement des mobilisations ponctuelles, mais celles-ci disparaissent une fois l’urgence passée. Face à ce qu’il considère comme des menaces durables contre l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays, il propose donc une organisation permanente.
Cette structure aurait notamment pour vocation de réfléchir, former et identifier des compétences susceptibles de contribuer à la gouvernance du pays.
Le projet pose cependant une question politique majeure : une organisation qui rassemble des compétences, formule une doctrine et entend influencer la gouvernance peut-elle rester totalement en dehors du jeu politique ?
La frontière entre laboratoire d’idées, mouvement citoyen et organisation politique pourrait rapidement devenir difficile à établir.
L’initiateur du projet assure pourtant ne pas vouloir s’attaquer aux partis existants. Il dit vouloir créer un espace permettant aux Congolais, malgré leurs appartenances politiques différentes, de se retrouver autour de certaines « lignes rouges » liées à la souveraineté nationale.
Reste maintenant à connaître les statuts, les mécanismes de fonctionnement, les critères d’adhésion et les garanties d’indépendance de cet « État-major ».
C’est à partir de ces éléments que l’opinion pourra véritablement juger si le projet constitue une innovation politique ou une nouvelle manière d’entrer dans l’arène.
Rav Daniel Kambowa





