Ils pensaient que c’était fini, les grandes dépenses. Les pauvres en ont eu pour leur compte. Même le peu qu’ils gardaient pour les festivités, ils ont fini par tout dépenser sous le regard soucieux de leurs femmes et enfants.
Eux qui avaient déjà vidé leurs caisses pour payer les voix , il a fallu qu’ils supportent les caprices de chacun jusqu’au dernier jour.
Ils ont convaincu leurs fidèles, ça c’est sûr,mais que faire pour arriver au bureau de vote?
Un détail dont ils n’ont pas tenu compte jusque la veille.
Ça aura donc été une surprise ! Mais que faire ?
Personne ne leur a demandé de postuler. S’ils l’ont fait, cequ’ils ont confiance en leurs poches. Il était temps de l’assumer. Dans le jeu, les chefs de cellules, qui ont pris ces 30 jours, comme une opportunité d’affaires. La sous-traitance !
Ils ont été matineux pour rappeler leurs maîtres. La foule est là, mais tout le monde n’a pas de transport afin de se rendre au vote. Des dépenses imprévues. Encore d’autres 10 milles par électeur.
Visage renfrogné, le futur candidat malheureux, sans autre choix, soutire le peu qui reste dans la caisse familiale. Le rêve est grand. 10 milles fc ne représentent rien face aux 21 milles dollars qu’il toucherait par mois en cas de victoire.
Ça s’appelle semer!
Mais c’est loin d’être le dernier centaine. Certains de ses électeurs, une cinquantaine, n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales. Il doit intervenir. C’est un marché pour les agents de sein-nu avec une commission du chef de cellule, le désormais homme d’affaires.
Pendant ce temps, les témoins menacent de se retirer. Ils ont faim. L’homme du peuple doit momentanément mettre de côté sa casquette,et faire le boulanger.
Malgré tout cela, c’est avec retard qu’il se rendra compte que son numéro,celui que tout le monde connait, a été attribué à quelqu’un d’autre.
Depuis, il n’est pas sorti de l’isoloir.
Jean Mbayo/Buzz7-Infos.cd






