Bena Kadima, Democratic Republic of Congo

Ce jour-là à Bena Kadima, en République Démocratique du Congo. Une pluie diluvienne tombait sans relâche et notre Reporter faisait son voyage vers la cité de Ngandajika. Encore plusieurs kilomètres à parcourir sur la route N2, sous une pluie qui l’imbibait jusqu’à l’os.

Mais comme le veut la sagesse, une pause est nécessaire quand le ciel déverse ses flots, surtout lorsqu’on voyage à moto, à vélo ou à pied.

L’hospitalité légendaire des Congolais, leur sens communautaire si présent dans les régions rurales, font que chaque village au bord de la route devient un refuge en cas de fortes pluies, un arrêt amical où demander refuge et surprise, un abri chaleureux vous attend, même sous le regard froid des gouttes de pluies.

Le Reporter s’est arrêté ce jour-là à Bena Kadima, une localité de Bakodila, dans la chefferie de Bakwa Kalonji, territoire de Tshilenge, à une trentaine de kilomètres de Mbujimayi. Face à la pluie torrentielle, il a cherché refuge chez un paysan dont la maison offrait un abri accueillant en bordure de route. Son arrivée a été accueillie par une belle hospitalité, lui offrant un abri et un regard attentif sur cette facette de la vie au village.

Dans une cabane, les dames de la maison s’affairaient à la préparation du repas. Un petit potager prospérant à côté de la maison a captivé l’attention du Reporter. On lui a expliqué que c’était de ce potager que provenaient les légumes fraîchement cueillis pour le repas du soir. Le mauvais temps rendant impossible tout déplacement pour l’achat de provisions dans les marchés locaux.

Le Reporter réalisa l’importance d’un potager domestique dans les villages, il en conclut : « Qu’elle est précaire la situation d’un paysan sans espace dédié à la culture alimentaire à domicile ». Lors de journées pluvieuses interminables, une maison sans potager peut signifier un ventre vide, faute de pouvoir aller au marché ou aux champs pour s’approvisionner de quoi manger. Au village, les légumes ne peuvent pas être stockés à la maison faute de moyens de conservation. Et donc, c’est soit on achète chaque jour ou on récolte chaque jour. Ainsi, le potager devient alors un véritable garde-manger, un congélateur naturel offrant des légumes biologiques et frais à portée de main.

Malheureusement, l’idée de stocker la nourriture à domicile à travers les jardins potagers semble être une notion difficile pour beaucoup de paysans aujourd’hui. Même si on observe quelques jardins potagers dans les villages, ils ne sont souvent pas suffisamment approvisionnés pour subvenir aux besoins alimentaires. Quel dommage.