La République Démocratique du Congo (RDC) a essuyé un revers judiciaire à Paris après que le parquet ait classé sans suite la plainte déposée contre Apple en décembre dernier. Cette plainte visait les filiales du géant technologique américain pour leur implication présumée dans le « recel de crimes de guerre au profit du Rwanda », notamment en raison de l’utilisation de minerais de sang dans la fabrication de ses produits, tels que les smartphones et les tablettes.
La RDC accusait Apple d’acheter des minerais en provenance de zones en guerre, contribuant ainsi indirectement à l’approvisionnement en ressources essentielles pour ses gadgets. L’avocat Robert Amsterdam, représentant de la RDC dans cette affaire, avait alors lancé une ironie : « Si vous voulez être sûr de ne pas donner de minerais de sang à Noël, la meilleure chose à faire est d’offrir des… produits Apple ! »
Face à cette accusation, Apple a reconnu s’approvisionner indirectement en minerais en RDC et au Rwanda, mais a souligné qu’elle passait par une chaîne d’intermédiaires, tels que des fonderies, des raffineries, et des négociants, assurant que la traçabilité des minerais était garantie par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Cependant, la position de Kinshasa demeure ferme, estimant que ces pratiques constituent une violation des droits humains et des crimes de guerre. Le gouvernement congolais accuse Apple de tromperie dans sa communication, en prétendant que sa chaîne d’approvisionnement serait « propre ». Pour la RDC, ces actions sont assimilées à des crimes de guerre, de blanchiment d’argent et de fausse déclaration.
Malgré ce revers judiciaire en France, Kinshasa reste déterminé et met son espoir sur une autre plainte, déposée en Belgique, qui pourrait offrir une issue plus favorable. L’issue de cette bataille juridique pourrait avoir des implications majeures sur la responsabilité des grandes entreprises en matière de chaînes d’approvisionnement, notamment concernant le respect des droits humains dans les zones de conflit.
Ainsi, la RDC continue de mener son combat pour la justice, espérant que la Belgique sera un terrain plus propice pour faire entendre sa voix et contraindre les géants technologiques à changer leurs pratiques commerciales.
@DanielKambowa






