Crise à Bukavu et Goma : Fidèle Bwirhonde regrette la naïveté de certains compatriotes

L’occupation continue de Bukavu et Goma dans l’Est de la RDC par le M23 soutenu par le Rwanda ne cesse de provoquer des indignations. Au sein de la population congolaise, certains tentent de trouver une explication à ce qui arrive. D’autres ne comprennent pas la naïveté qui caractérise les actions et réactions de quelques citoyens. Or, la situation prend une tournure tragique notamment avec les récentes pertes en vies humaines à Bukavu lors du meeting du M23/AFC. Une double explosion lors de ce meeting a rappelé que pour l’instant, aucun salut n’est encore obtenu. Et la population se sent de plus en plus seule, obligée de choisir entre Kinshasa et ! rebelles, sachant que chacune de ces choix a ses conséquences.

Fidèle Bwirhonde, journaliste intéressé par la gouvernance de son pays (la RDC), considère que malgré le chaos que l’on peut dénoncer dans la gestion du pays, c’est une autre forme de trahison que de s’allier à toute rébellion. Face à la naïveté de ses compatriotes, il a partagé sa réflexion qui appelle les Congolais à apprendre de leur histoire. Une interpellation à la fois pour les décideurs dont on peine a reconnaître l’engagement, et pour la population qui devrait être prudente et se méfier des pompiers-pyromanes.

Dans son commentaire sur la triste actualité au pays, Fidèle Bwirhonde écrit, s’adressant à ses compatriotes : « Et toi, mon peuple, comment quelqu’un peut mettre ta maison en feu et c’est auprès de lui que tu cries “au secours » pour t’aider à l’éteindre ? Note que celui qui a trahi une fois trahira encore. Ne sois pas naïf… Ton histoire ne t’enseigne-t-elle pas ? Rien que pour cette histoire, tu ne devrais accorder ton soutien à personne. Mais je comprends ta situation.»

Par ces mots, ce journaliste appelle la population à rester prudente face aux offres et promesses alléchantes dont l’issue reste incertaine. Il dit comprendre la position de ses compatriotes car certains n’ont pas vraiment le choix et ne méritent ni blâme ni réprimande. Autant que personne ne méritait, pense-t-il, de mourir ni à Goma ni à Bukavu, ni ailleurs. Selon lui, Kinshasa a le devoir de s’impliquer davantage et sans réserve pour restaurer l’intégrité territoriale nationale et libérer les zones occupées. Et le peuple, il l’encourage à ne pas oublier ceux qui ont trahi, à ne pas s’exposer au risque de mourir vainement et à ne pas céder à la manipulation.

Ses mots résonnent comme un appel à la prise de conscience collective. Selon Bwirhonde, les Congolais doivent comprendre que la clé de la paix et de la stabilité ne réside pas dans des alliances avec ceux qui, dans le passé, ont été responsables des conflits ou des trahisons qui dévastent le pays aujourd’hui. C’est plutôt dans l’union des forces nationales contre l’occupation étrangère.

L’occupation des villes de Bukavu et Goma par les forces du M23 a créé un climat de peur parmi les populations indécises entre les promesses des rebelles et celles des autorités légitimes. Les appels à la paix et à l’unité nationale se multiplient, mais le chemin vers une résolution pacifique semble encore long.

@Danielkambowa