Assemblée Nationale – 13 Députés Fictifs Retirés du Budget pour Assainir les Finances Publiques

Ce 7 mars 2025, un communiqué du Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a révélé que l’Assemblée nationale a pris une décision majeure en retirant 13 députés fictifs inscrits de manière abusive dans les dépenses de rémunération de la Loi de finances 2025. Cette action représente un effort significatif pour rationaliser les finances de l’État et garantir une meilleure gestion des fonds publics.

Un Retrait Historique qui Réduit le Budget de l’Assemblée Nationale

Le retrait de ces 13 députés fictifs permet de réduire le nombre de députés pris en charge par le budget de l’État, qui passe ainsi de 513 à 500, correspondant au nombre réel de députés siégeant à l’Assemblée nationale. Ce geste de transparence génère une économie directe de 1,5 million de dollars par an pour le Trésor public, soulignant l’impact positif de cette décision sur les finances nationales.

Des Anomalies Persistantes dans la Gestion des Finances de l’Assemblée

Malgré ce retrait, plusieurs défis demeurent dans la gestion des finances de l’Assemblée nationale. Le CREFDL attire l’attention sur des anomalies notables qui affectent l’efficacité du budget :

  1. Le Gonflement des Effectifs des Cabinets : La Loi de finances 2025 prévoit la rémunération de 2 756 membres de cabinets, alors que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’en autorise que 207. Cette différence soulève des questions sur la gestion et la distribution des ressources publiques.
  2. Opacité du « Fonds Spécial d’Intervention » de 182 millions de dollars : Inscrit dans la Loi de finances, ce fonds semble manquer de justification claire, avec des fonds qui pourraient être mieux alloués à des projets concrets, comme la construction de 2 200 écoles à travers le pays.

Un Appel à la Transparence et à la Responsabilité

Le CREFDL, dans son communiqué, a salué cette avancée, mais appelle à davantage de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques. L’organisation avait recommandé dès le 29 mai 2024 au Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, de réduire le train de vie de cette institution. La suppression des 13 députés fictifs marque une victoire importante, mais le chemin vers une gestion financière totalement transparente et responsable reste encore à parcourir.

Cette décision souligne l’importance du contrôle citoyen dans la lutte contre les abus et la mauvaise gestion des fonds publics. Elle démontre que, lorsqu’il y a une volonté politique et une pression externe, des réformes significatives peuvent avoir lieu.

Notons que l’assainissement des finances publiques au sein de l’Assemblée nationale, bien que significatif, n’est que le début. Le CREFDL et d’autres acteurs de la société civile continueront de suivre de près l’évolution des finances de cette institution pour s’assurer que les citoyens congolais bénéficient de l’utilisation responsable de leurs ressources.

@DanielKambowa