Kalamu en Ébullition : Une Présumée Lesbienne Déclenche Panique et Drame à Kinshasa

Une descente militaire, des balles réelles, une fille de 14 ans, une autre de 24 ans ont trouvé la mort, et une femme disparue : la saga Mfuna fait trembler la capitale.

Kinshasa, 10 août 2024, une matinée qui aurait pu être banale à Kalamu, plus précisément au quartier Yolo, avenue bagata, numéro 36 s’est transformée en un scénario digne d’un film de guerre. À l’épicentre de cette affaire explosive : Rachel Mfuna, une femme aujourd’hui portée disparue, accusée selon plusieurs témoignages d’avoir transformé son domicile en un lieu de rencontre secrète entre femmes. En clair, ce que certains appellent ici un « réseau lesbien clandestin ».

Une enquête conjugale qui tourne au carnage

Tout aurait commencé lorsqu’un officier militaire, soupçonnant son épouse, Rosette Tshisabi d’entretenir une relation avec madame Mfuna, décide de mener sa propre opération de renseignement. Sans mandat, sans discrétion, mais avec sa kalachnikov en bandoulière, l’homme se rend au domicile de la fameuse Rachel.

Ce qui s’ensuit dépasse l’entendement : des cris, une bagarre, des coups de feu, et dans le chaos, un enfant du voisinage est mortellement touché. La panique s’empare du quartier. Kalamu devient, l’espace d’un instant, une véritable zone de guerre.

Rachel Mfuna : fugitive ou victime ?

Depuis ce jour tragique, Rachel Mfuna a disparu des radars. Introuvable, injoignable, et activement recherchée par les autorités judiciaires. Son domicile a été mis sous scellés, et les langues se délient dans le quartier : certains parlent de simples réunions amicales, d’autres jurent avoir vu « des choses anormales ».

Dans un pays où l’homosexualité est lourdement stigmatisée, la figure de Rachel Mfuna divise. Pour certains, c’est une criminelle morale ; pour d’autres, une femme traquée pour ses choix intimes.

L’hypocrisie à la congolaise ?

Officiellement, la loi congolaise ne pénalise pas explicitement l’homosexualité, mais dans la pratique, les minorités sexuelles sont fréquemment persécutées. Ce double discours, où l’État ferme un œil pendant que la société brandit la fourche, nourrit des drames comme celui de Kalamu.

Pendant ce temps, l’enfant tué, lui, n’avait rien demandé. Il est devenu la victime silencieuse d’un système où l’amour interdit fait plus de bruit que la violence légitime.

Une affaire à suivre… ou à enterrer ?

La question reste posée : où se cache Rachel Mfuna ? Et surtout : que fera la justice dans un pays où l’émotion populaire fait souvent office de verdict ?

En attendant, Kalamu panse ses plaies, et la République se regarde dans un miroir qu’elle préfère souvent éviter.

Rav Daniel Kambowa