Réparer l’Oubli : Le Geste que Seul le Président Peut Offrir au Maniema

Dans le tumulte de la recomposition du gouvernement Suminwa 2, une question persiste, poignante, brûlante, presque insupportable pour une province entière : le Maniema sera-t-il enfin entendu ? Longtemps tenu à l’écart des hautes sphères du pouvoir exécutif, ce territoire riche de son histoire, de sa diversité et de sa jeunesse en éveil, attend toujours son tour. Pas par caprice, mais par droit. Pas par faveur, mais par justice.

L’oubli du Maniema dans le gouvernement Judith Suminwa, formé en mai 2024, a provoqué une onde de choc. À Kinshasa comme à Kindu, l’indignation a été immédiate. Nul ne comprenait comment, dans une République démocratique qui se veut unie et inclusive, une province entière puisse être absente des 54 membres de l’équipe gouvernementale. Une absence d’autant plus révoltante qu’elle viole l’article 90 de la Constitution, garantissant la représentativité équitable des provinces dans la gestion de la République.

Alerté par les élus du Maniema et les réactions virulentes de l’opinion publique, le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait promis une correction rapide. Une promesse réaffirmée publiquement, suscitant l’espoir, ravivant l’attente, rallumant la foi d’un peuple en son chef. Pourtant, à ce jour, cette réparation tarde à se concrétiser. Le blocage ne vient plus du sommet, mais de la base : des querelles internes, des ambitions croisées, une incapacité persistante à désigner un candidat unique parmi les acteurs politiques du Maniema. Une cacophonie regrettable qui ne devrait pas pénaliser toute une population.

Mais tout espoir n’est pas perdu. L’intelligence politique du chef de l’État semble désormais se tourner vers d’autres horizons : la société civile, le secteur privé et la jeunesse du Maniema n’attendent qu’un appel pour se mettre debout au service de la nation. C’est là que se cache peut-être la solution. Loin des calculs, près des réalités. Une nouvelle voix, neutre, méritante, capable de porter les ambitions d’une province oubliée et les espoirs d’un pays qui veut aller de l’avant.

Maniema n’est pas un territoire de résignation. C’est une terre de potentiel, un carrefour stratégique, une richesse humaine et naturelle encore trop peu exploitée. En l’intégrant dans le gouvernement Suminwa 2, le Président Tshisekedi ne satisferait pas simplement une revendication locale : il poserait un acte historique, un geste d’équité, un message fort à tous les jeunes congolais en marge du système. Il dirait, sans mots, que la République ne laisse personne derrière.

La balle est dans le camp du chef de l’État. L’attente est immense. L’heure est solennelle. Le Maniema n’attend pas d’aumône politique, mais une reconnaissance légitime. Et si, en cette étape cruciale de son mandat, Félix Tshisekedi offrait au Maniema ce que des années d’exclusion lui ont refusé ? Ce ne serait pas seulement une décision politique. Ce serait un acte d’unité nationale.

Rav Daniel Kambowa