A tous les chefs d’Etats africains et à leurs courtisans fougueux, instransigeants, zélés

Après la chute d’Ali Bongo, la fuite d’Alpha Condé et la neutralisation de Mohamed Bazoum que tout le monde a déjà oublié, si vous n’avez pas encore tiré les leçons qui s’imposent, alors le Sénégal vous parle. Ouvrez les yeux et revenez à la raison.

Le pouvoir est comme de l’alcool

Le pouvoir est comme l’alcool. Il peut vous saouler et faire croire à ses tenants qu’ils sont Dieu sur terre, qu’ils sont plus intelligents, plus malins que tous les autres. Mais même au pouvoir, nous ne sommes que des humains. Jamais un Président de la République, un Ministre ne peut avoir raison contre son peuple. Dans l’exercice du pouvoir, tâchez d’être humbles, modérés et justes. Le pouvoir est éphémère, précaire et révocable. Pensez à quand vous ne serez plus aux affaires, pensez à ce que vos successeurs feraient de vous, à ce que votre peuple fera de vous.

Macky Sall abandonnera ses complices

Le mardi 2 avril 2024, Macky Sall quittera le Palais de la République. Oui ce moment arrive toujours. Il partira avec sa femme et ses enfants à l’étranger. À mon avis, malgré tout ce que les Sénégalais lui reprochent, il ne leur arrivera rien de grave ni de méchant. On attaque pas un ancien chef d’état qui se range et se tait.

Mais Macky Sall abandonnera bien tous les complices de sa machine destructrice dans les mains de Ousmane Sonko, de Bassirou Diomaye Faye.

Oui, Macky Sall et sa famille les laisseront seuls à leur sort et face à leurs victimes.

Les événements se produisent et succèdent sur notre continent, mais les africains n’en tirent aucune leçon. À tous ceux qui sont au pouvoir en Afrique, à tous ceux qui exercent un pouvoir quelconque de l’Etat, retenez ceci : le pouvoir est précaire et revocable. Ne vous prenez pas pour Dieu. Ne vous croyez pas plus malin que vos adversaires. Ne vous croyez pas plus forts que le Peuple qui vous a installés au pouvoir. Ne vous croyez pas invincibles. Soyez modérés et humbles. Respectez votre peuple ainsi que vos adversaires afin que demain, ils vous respectent à leur tour.

Face à vos actes, si votre peuple vous observe, vous critique mais ne réagit pas comme vous le redoutez, faites attention. Un peuple qui vous subit, qui vous observe sans rien dire, vous fera payer vos outrances, vos excès et votre hubris tôt ou tard.

Extrait de Olofofo No41 du 27 Mars 2024