LE VIRAGE À 180° — LE FEUILLETON DES POST-VÉRITÉS
ACTE I : LE PROPHÈTE ET LES SCEPTIQUES
Félix Tshisekedi, dans un éclair de lucidité présidentielle, annonce sans trembler que Joseph Kabila prépare une insurrection. Plus piquant encore : selon lui, le chef de l’AFC, c’est bel et bien Kabila himself. Tollé sur la toile ! Les « experts » autoproclamés des réseaux sociaux s’enflamment. Entre insultes bien senties et théories plus fumeuses qu’un volcan du Nord-Kivu, on s’étrangle d’indignation.
Mais voilà que surgit une interview. Surprise : l’ancien commandant suprême, celui-là même qui qualifiait jadis le M23 de « mouvement terroriste » en 2012, nous fait désormais le coup du retournement de veste façon haute couture. Le M23, nous dit-il désormais, aurait des aspirations légitimes. Légitimes, vraiment ?
Et nos experts des réseaux ? Silence radio. Pas un mot sur ce revirement olympique. Un virage à 180° ? Non. Une vrille.
ACTE II : LES VOIX SE DÉVOILENT, LES MASQUES TOMBENT
Toujours constant dans l’inconfortable vérité, Tshisekedi répète depuis l’Allemagne : « L’AFC, c’est Kabila. » Et les réseaux ? Encore en boucle. Ils diagnostiquent un délire présidentiel passager, peut-être dû au froid de Berlin.
Puis, en guise de contre-feu, Joseph Kabila daigne répondre : « Si j’étais le boss des terroristes, vous le sauriez. » Traduction libre : « Ce serait bien pire, les gars. »
Puis, coup de théâtre : Kabila est annoncé à Goma. Pas par le gouvernement, mais par… Moïse Katumbi (curieux porte-voix, soit dit en passant). La nouvelle est saluée sur Twitter par… le M23. Goma, ville martyre, sous occupation rebelle, s’apprête donc à accueillir son “ancien” président.
Et nos experts, eux ? Toujours rien. Trop occupés à liker des posts.
ACTE III : LA CONSTITUTION INSTRUMENTALISÉE À GÉOMÉTRIE VARIABLE
Des collaborateurs de Kabila, appuyés par des médias dits « crédibles », sortent leur joker : l’article 30 de la Constitution. Oui, Kabila a le droit d’aller à Goma, comme tout citoyen congolais. Soit.
Mais le Gouvernement, flairant le piège, active ses services. Résultat : mesures conservatoires contre le PPRD. Réaction des Kabilistes ? Cris à la persécution politique. Victimisation 3.0.
Et nos experts de salon ? Toujours pas d’explication sur cette volte-face constitutionnelle. Un virage à 180°, peut-être, mais à contresens.
ACTE IV : LA JUSTICE ENTRE EN SCÈNE
Le ministre de la Justice sort de sa réserve. Il demande l’activation des procédures de levée d’immunité contre Kabila pour complicité avec un mouvement terroriste. Le Sénat suit. On crie à l’acharnement, à la sorcellerie politique. Et comme d’habitude, les « experts » pondent des analyses longues comme des threads Twitter… mais tout aussi creuses.
Mais soudain, le clou du spectacle : un live du « boss des terroristes » diffusé… par une chaîne rwandaise ! Kabila annonce son retour à Goma. Mais selon les renseignements, il y était déjà. Grand final d’un épisode digne de Netflix.
Et nos analystes ? Ils scrollent. Toujours sans expliquer ce virage narratif de l’ancien raïs.
ACTE V : LE PPRD DANS LE VISEUR
Le Gouvernement, décidé à aller jusqu’au bout, saisit la justice pour dissoudre le PPRD. Motif : complicité avec un groupe terroriste. Les habituels stratèges de Facebook reprennent leurs plumes numériques pour dénoncer « une dérive dictatoriale ».
Mais, entre deux tweets, on aperçoit Jean-Pierre Lokamba, émissaire de Kabila, en pleine conversation cordiale avec les M23, en présence de Bintou Keita.
Toujours pas d’explication logique ? Encore un virage idéologique pris sans clignotant.
ACTE VI : MINERAIS CONTRE SÉCURITÉ, OU TERRORISTES CONTRE L’ÉTAT ?
Pendant que le Gouvernement poursuit son partenariat stratégique « minerais contre sécurité », Joseph Kabila, en vieux briscard de la politique d’arrière-boutique, tente d’y glisser ses pions. Officiellement pour « défendre ses droits ». Officieusement pour torpiller le projet.
Mais le pompon revient à Kikaya Bin Karubi, conseiller spécial de l’ex-président, qui, dans un grand élan de sincérité, avoue partager les mêmes objectifs que les M23. En langage clair : ils assument être dans le même bateau que ceux qui tuent civils et militaires à l’Est.
ÉPILOGUE : QUI AVAIT RAISON ?
Félix Tshisekedi, qui sonnait l’alarme ? Ou les « experts » des réseaux sociaux, champions du rétropédalage et de la pensée molle ?
Au final, comme dirait un proverbe bien connu : chassez le naturel… il revient au galop. Et parfois, armé.
Décryptage signé, Me Djagast Djamba, cadre MLC






