Entre rayons X et horizons d’avenir : la voix radioactive de Trudon M’Pinga, l’homme qui rappelle que la sûreté nucléaire n’est pas un luxe mais une urgence nationale
Kinshasa a accueilli, du 15 au 17 juillet dernier, un atelier de vulgarisation et de sensibilisation consacré aux nouveaux textes réglementaires liés à la sûreté et à la radioprotection. Un rendez-vous majeur qui a permis d’identifier les défis, de dresser un état des lieux et d’explorer des solutions durables pour une meilleure gestion des sources radioactives en République démocratique du Congo.
Parmi les voix les plus marquantes de ces assises, celle de l’ingénieur Trudon M’Pinga, Chef d’antenne du Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI) au Lualaba, a résonné avec force et lucidité.
Quand la RDC joue avec le feu… nucléaire
Avec un calme de chirurgien mais des mots qui piquent comme des rayons X, Trudon M’Pinga a rappelé une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : les déchets radioactifs ne sont pas des sachets plastiques qu’on jette au coin de la rue. Entre risques de vol, d’exposition et de détournement à des fins malveillantes, la RDC se trouve face à un défi explosif… au sens propre comme au figuré.
« L’entreposage temporaire soulève des enjeux cruciaux », a-t-il martelé, sous les regards parfois ébahis d’un public découvrant que le nucléaire, ce n’est pas que dans les films hollywoodiens.
Des défis qui brillent dans le noir
Les obstacles, Trudon ne les cache pas :
Des infrastructures de stockage qui ressemblent plus à des dépôts improvisés qu’à des bunkers sécurisés ;
Une traçabilité numérique encore balbutiante (quand l’électricité ne saute pas) ;
Un financement qui s’évapore plus vite qu’un verre d’eau au soleil de Lubumbashi ;
Une culture de gestion durable quasi inexistante, certains utilisateurs traitant les sources radioactives comme de simples ampoules grillées.
Mais tout n’est pas radioactif… il y a aussi de la lumière !
Heureusement, sous la houlette du Professeur Ordinaire Florimand Nyamoga Kabanda, Président du CNPRI, des initiatives émergent :
Un Data Warehouse national des utilisateurs déjà fonctionnel ;
La construction progressive de stockages temporaires conformes aux normes ;
Des inspections renforcées sur des géants miniers comme KCC, Kamoa Copper, TFM, Mutanda Mining, COMMUS et autres.
Des solutions qui donnent de l’énergie
L’ingénieur M’Pinga a plaidé pour des mesures concrètes :
Des sites de stockage définitifs et centralisés au CRENK ;
Un cadre juridique renforcé ;
Une mobilisation financière ambitieuse ;
Une vraie culture de sensibilisation nationale.
Un rappel qui fait mouche
En conclusion, Trudon M’Pinga n’a pas mâché ses mots :
« Nous ne faisons pas de transparence pour plaire aux partenaires, mais avant tout pour protéger nos populations. »
Et voilà : pendant que certains jouent avec les allumettes du quotidien, M’Pinga nous rappelle qu’ici, il s’agit de véritables barils radioactifs. La RDC est assise sur une bombe énergétique et minière. La gérer intelligemment, c’est choisir le développement durable et la bonne gouvernance… sinon, gare aux étincelles !
Notons que, Trudon M’Pinga, c’est un peu la sirène d’alarme qu’on n’entend pas assez. Il ne fait pas peur pour briller, il alerte pour protéger. Et dans un pays où l’uranium dort encore dans son berceau, sa voix mérite non seulement d’être entendue, mais amplifiée.