Kasumbalesa n’est pas seulement une frontière. Ce lundi 15 décembre 2025, elle s’est transformée en véritable capitale émotionnelle du Haut-Katanga. Par cette cité bouillonnante, porte d’entrée économique du pays, le Gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula a posé le pied dans le territoire de Sakania pour la cinquième étape de son itinérance à travers le Katanga profond. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la population avait coché la date… et encerclé le Parking Central.
Accueil protocolaire, honneurs de la Police nationale congolaise, bain de foule interminable : Kasumbalesa a sorti le grand jeu, comme pour battre son propre record d’enthousiasme. Ici, on ne l’appelle plus seulement Gouverneur intérimaire, mais affectueusement “Mwana Mayo”, et même “le Déracineur”, surnom lancé par le maire André Kapampa, clin d’œil linguistique à la signification du nom Shula en bemba. Traduction populaire : celui qui enlève les problèmes à la racine. Rien que ça.
Face à une foule dense, compacte et visiblement rassurée, Martin Kazembe Shula a présenté une délégation solide : membres du Comité provincial de sécurité, députés élus de Sakania, inspecteurs territoriaux. Un message clair : l’État est là, visible, structuré et à l’écoute.
Sans détours, le Chef de l’Exécutif provincial a abordé les préoccupations majeures de Kasumbalesa : sécurité, développement, social, mais aussi des attentes très concrètes eau potable, électricité, voirie urbaine. Autant de dossiers qui touchent le quotidien d’une population frontalière souvent sollicitée, parfois éprouvée, mais toujours résiliente.
Dans un ton à la fois ferme et rassurant, le Gouverneur a rappelé la mission principale lui confiée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : maintenir la stabilité, renforcer l’autorité de l’État et rapprocher les institutions du peuple. Message reçu cinq sur cinq.
Aux habitants, l’appel a été clair : collaboration avec les services de sécurité, rejet de l’ennemi sous toutes ses formes, cohabitation pacifique entre communautés et soutien indéfectible aux institutions de la République. Aux services étatiques opérant à la frontière, le Gouverneur a lancé un autre message, sans emballage inutile : mettre fin aux tracasseries, respecter les normes et servir l’État avec dignité.
Moment fort et très apprécié : l’échange direct avec la population. En démocrate assumé, Martin Kazembe Shula a d’abord écouté. Longuement. Puis répondu, point par point, aux doléances des habitants. À Kasumbalesa, on n’a pas seulement vu un Gouverneur parler, on a vu un responsable dialoguer.
Résultat : une population rassurée, une frontière revigorée et un Haut-Katanga qui observe, confiant. À Kasumbalesa, le message est passé : l’itinérance n’est pas une tournée touristique, mais une présence qui rassure et qui agit. Et le “Déracineur”, lui, continue son chemin.
Rav Daniel Kambowa






