Il fallait s’y attendre : après avoir accusé les “collaborateurs du chef” de complot, Jacques Kyabula Katwe sort maintenant une nouvelle carte de son jeu politique préféré : celle de l’homme qui a tout compris. Dans une sortie aux allures de “prédication politique du dimanche”, Kyabula a désigné Danny Banza Maloba comme l’ennemi public numéro un du Katanga politique.
Cette fois-ci, la liste des “victimes de Banza” ressemble à une feuille de présence d’un Conseil des ministres d’autrefois :
Richard Muyej Mangeze Mans, aujourd’hui en exil, présenté comme première victime de “la diabolisation banzaïenne” ;
Guylain Nyembo, ex-directeur de cabinet du chef de l’État, diabolisé jusqu’à perdre son fauteuil feutré ;
Et même la gouverneure du Tanganyika, éjectée de la chaise provinciale, victime selon Kyabula de la même sorcellerie politique.
« Danny Banza doit arrêter de se comporter comme leader des Katangais. Son retour au pays est celui d’un acteur politique comme tout le monde, pas d’un messie », a-t-il lancé avec une assurance d’arbitre qui a déjà choisi son vainqueur.
Dans les couloirs politiques, certains ont éclaté de rire, d’autres ont pris des notes. Car quand Kyabula distribue des étiquettes de “diabolisé” et “diaboliseur”, on a l’impression d’assister à une compétition pour le trophée du meilleur rôle dramatique.
Ironie du sort : celui qui crie aujourd’hui à la diabolisation a lui-même longtemps été perçu comme un proche du pouvoir central. Et le voici désormais dans la peau du justicier autoproclamé, en train de dessiner un scénario où Banza joue le méchant principal.
À ce rythme, si un pigeon se perd à Lubumbashi, certains finiront par accuser Banza d’avoir soufflé le vent contraire.
Kinshasa observe, encore une fois, ce duel politique façon “telenovela” : un héros autoproclamé, un diable tout désigné, et un public congolais devenu expert en rebondissements.
Rav Daniel Kambowa






