Le Gouverneur Jacques Kyabula Katwe piégé par sa propre stratégie médiatique ?

Il y a des silences qui crient. Et aujourd’hui, dans le Haut-Katanga, le silence assourdissant des journalistes locaux trahit une profonde blessure : celle d’avoir été méprisés, exclus, trahis. Ironie du destin : le Gouverneur Jacques Kyabula Katwe, qui avait misé sur une communication verrouillée et contrôlée, se retrouve piégé dans le filet de sa propre stratégie.

Le rêve d’un règne bien géré, médiatiquement orchestré, s’est transformé en cauchemar d’opacité et de désordre.

Au lieu de renforcer la presse locale, ce sont des figures parachutées de Kinshasa, et des communicateurs plus proches de la politique que du journalisme, qui ont été érigées en maîtres de l’image. Résultat ? Une confusion généralisée. Des messages contradictoires. Une parole institutionnelle diluée. Et surtout, une presse lushoise humiliée.

À chaque déplacement à Kinshasa, les journalistes locaux sont systématiquement mis à l’écart. Caméras coupées. Micros étouffés. Leurs accréditations ne servent plus qu’à orner des tiroirs. Pendant ce temps, des communicateurs aux compétences discutables occupent l’espace. Qui sont-ils ? Qu’ont-ils fait pour mériter cette place ? Quelle loyauté ont-ils envers la province ?

Le plus choquant ? À Lubumbashi, oser demander un rendez-vous au Gouverneur est perçu comme une tentative d’extorsion. Quelle dérive ! Depuis quand informer est devenu synonyme de quémander ? Depuis quand un journaliste est-il traité comme un mendiant, alors qu’il est un pilier de la démocratie ?

Moi, je parle. Parce que j’ai vu. Parce que je sais. Parce que j’ai été témoin de scènes qui n’honorent ni l’institution provinciale ni ceux qui la servent. On m’a insulté. On m’a menacé. On a tenté de me faire taire. Mais la vérité, on ne l’enterre pas. Elle ressuscite toujours, plus forte, plus brillante, plus brûlante.

Monsieur le Gouverneur, entourez-vous de personnes compétentes, pas de flatteurs. Entourez-vous de professionnels, pas de manipulateurs. Entourez-vous de lumière, pas d’ombres.

Le peuple du Haut-Katanga mérite mieux. La presse mérite le respect. Le pouvoir, lui, n’est pas éternel. Il s’épuise, un mensonge à la fois.

Peur, silence, complicité ? Pas moi. Je choisis la vérité. Pouvoir esilaka, Bongisa.

Rav Daniel Kambowa, Journaliste politique et étudiant en Droit, passionné par le domaine juridique.