À Lubumbashi, le commerce informel n’a pas dit son dernier mot… mais il devra désormais regarder sa montre. Jusqu’au 2 janvier 2026, les marchands dits « pirates » du centre-ville bénéficient d’un ultime sursis : vendre librement, oui, mais seulement du matin jusqu’à 19 heures. Une décision issue d’une réunion stratégique tenue le samedi 6 décembre 2025 sous l’autorité de la maire, Joyce Tunda Kazadi.
Une sorte de cessez-le-feu urbain entre l’ordre public et l’économie de survie, dans une ville où chaque trottoir raconte une histoire de débrouille.
À partir du 2 janvier, le décor change. Les vendeurs à la sauvette ne pourront plus occuper n’importe quel espace ni à toute heure. Désormais, leur terrain de jeu sera strictement balisé : les avenues Lumumba, Kasaï, des Usines, Lomami et Likasi, avec une frontière claire à ne pas franchir l’avenue Moero. Les horaires aussi se resserrent : de 16h à 20h30, pas une minute de plus.
Pendant que les vendeurs ajusteront leurs étals à l’horloge municipale, une équipe d’assainissement nocturne entrera en scène pour redonner au centre-ville un visage plus propre dès la tombée de la nuit.
Fait rare dans la gestion du commerce informel : la décision a été accueillie dans un climat d’adhésion quasi unanime. Les marchands, souvent habitués aux déguerpissements brusques, saluent cette approche progressive, qu’ils perçoivent comme « humaine » et réaliste.
Entre discipline urbaine et reconnaissance tacite de l’économie populaire, Lubumbashi tente ainsi un équilibre délicat. Une chose est sûre : jusqu’au 2 janvier, les trottoirs resteront animés… mais désormais sous surveillance de la pendule.
Rav Daniel Kambowa






