Après des années à se crier dessus par micros et tweets interposés, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi semblent enfin décidés à se parler. Oui, se parler. Avec des mots. Des vrais. Pas ceux qu’on envoie par déclarations interposées, mais bien autour d’une table, entre « patriotes », comme ils aiment tant se qualifier.
L’un veut « trouver une issue digne à la crise existentielle » (rien que ça), l’autre salue « le patriotisme et le sens d’engagement » de son opposant. Un climat de paix, d’amour et de fraternité ? Pas vraiment. Car derrière ces belles paroles se cache un vieux théâtre politique congolais où les répliques sont aussi connues que les acteurs fatigués.
Car enfin, depuis quand le patriotisme se mesure-t-il à la température des poignées de main ? Est-ce un vrai souci pour la République ou un réflexe de survie politique devant l’ombre de Joseph Kabila qui, comme un fantôme têtu, revient toujours hanter les couloirs du pouvoir – désormais flanqué des très républicains messieurs du M23, parés de leur nouveau costume politique : l’AFC.
Pendant ce temps, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et le susdit Kabila jouent aux quatre mousquetaires de l’opposition, et Fayulu hésite : épée dans la mêlée ou main dans la main avec le roi actuel ? Le peuple, lui, regarde ce ballet comme un mauvais épisode de télénovela : toujours les mêmes acteurs, toujours les mêmes intrigues, mais on espère encore un twist à la fin.
Alors, verra-t-on bientôt Fayulu Premier ministre ? Un gouvernement d’union nationale pour résoudre la « crise existentielle », ou plutôt pour répartir les postes comme on partage un gâteau d’anniversaire (sans bougies, mais avec beaucoup d’appétit) ?
Une chose est sûre : dans ce pays, chaque fois qu’un opposant veut « sauver la République », c’est souvent pour sauver son siège. Quant à la République, elle, continue d’attendre. Fidèle. Patiente. Et un peu lassée, aussi.
Rav Daniel Kambowa






