MONUSCO : Bintou Keita plie bagage après quatre ans de mission, l’insécurité reste sur le terrain mission accomplie selon l’ONU, cauchemar prolongé pour le peuple

Elle est partie. Sans sirène, sans fanfare, sans miracle non plus. Madame Bintou Keita, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU et cheffe de la MONUSCO, a officiellement quitté la République démocratique du Congo le 30 novembre 2025, mettant fin à plus de quatre années de présence diplomatique, militaire… et de patience internationale.

Quatre ans à observer, diagnostiquer, condamner, recommander. Quatre ans à voir l’Est brûler, se consumer, puis renaître en cendres. Quatre ans de communiqués, de réunions, de “préoccupations profondes” et de “regrets sincères”, pendant que les balles, elles, ne prenaient jamais de congé.

Une mission pour la paix… sans la paix

Arrivée avec l’espoir, Bintou Keita repart avec les bilans. Officiellement, sous son mandat, la MONUSCO a “accompagné les efforts de stabilisation”. Officieusement, les Congolais, eux, accompagnent toujours leurs morts au cimetière.

La MONUSCO, fidèle à elle-même, est restée ce qu’elle a toujours été aux yeux de nombreux citoyens :

  • forte dans les rapports,
  • prudente dans l’action,
  • présente dans les bases,
  • absente dans les villages attaqués.

Un départ discret dans un pays bruyant de douleurs

Bintou Keita quitte la RDC à un moment où l’Est est toujours sous tension, où les déplacés se comptent par millions et où la paix reste une promesse reportée à une date… indéterminée.

Son départ ressemble à celui de beaucoup de diplomates internationaux : une valise pleine de rapports classifiés, et un pays laissé avec des dossiers non classés de victimes.

Et maintenant ?

Comme d’habitude, un successeur viendra.
Il fera le tour des camps de déplacés.
Prononcera les mêmes slogans.
Promettra la même paix.
Et les Congolais continueront de se demander :

La MONUSCO protège-t-elle la population… ou simplement sa mission ?

Bintou Keita s’en va, la crise reste

Madame Bintou Keita s’en va donc avec les honneurs protocolaires.
La RDC, elle, reste avec ses plaies ouvertes, ses frontières poreuses et son peuple fatigué des promesses internationales sans résultats concrets.

Mission terminée pour la diplomate.
Mission toujours en cours pour les Congolais : survivre.

Rav Daniel Kambowa