L’actualité politique congolaise a décidément le don de confondre le théâtre et la réalité. Le dernier épisode en date nous vient du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), ou plus précisément, d’un groupe d’ex-militants en pleine crise identitaire, qui se prennent pour les propriétaires d’un parti qu’ils n’habitent plus depuis longtemps.
Dans un communiqué n°001/MSR/2025 publié le 23 mai 2025 et signé par un certain Jean Chrysostome Vahamwiti Mukesyayira, autoproclamé « Président National », et Mutuku Nsimba Patrick, tout aussi auto-affecté « Secrétaire Général » les deux compères tentent maladroitement de laver leur image à l’eau tiède d’un mensonge bien connu : faire passer leurs voix pour celles du MSR authentique. Las ! La manœuvre est aussi grossière qu’une mauvaise imitation de théâtre shakespearien jouée dans une kermesse de quartier.
Mémoire courte ou amnésie militante ?
Rappelons pour ceux qui ne suivent pas l’intrigue : En 2021, ces deux messieurs ont été radiés du MSR par décision du Bureau politique dont je suis membre. Radiés, limogés, oubliés. Mais voilà que quatre ans plus tard, dans une tentative désespérée de revenir sur scène, ils s’érigent en sauveurs d’un parti qu’ils ont abandonné pour courir après les pots de miel de l’Union dite Sucrée.
Ils osent, dans leur communiqué, dénoncer un certain Jeannot Manianga, l’accusant d’avoir publié un article au nom du MSR. Une tentative de diversion pathétique qui rappelle ces voleurs qui crient au voleur pour semer le doute. Ce qu’ils omettent de préciser, c’est que le seul vrai scandale, ce ne sont pas des mots, mais bien les 380 millions USD de détournements liés aux projets de forage et d’éclairage public, tristement surnommés « l’affaire lampadaire ». Un projet censé illuminer les rues, mais qui n’aura éclairé que les comptes bancaires d’une poignée.
Les POGEM : ces politiciens OGM au goût de sucre frelaté
À force de mutations politiques successives, certains cadres congolais ont développé une forme rare d’opportunisme génétique avancé. Le MSR, dans une autodérision assumée, les qualifie désormais de POGEM : Politiciens Génétiquement Modifiés, passés du FCC à l’Union Sucrée sans même rincer leur bouche. Le tout, avec des convictions aussi flexibles qu’un agenda électoral à Kinshasa.
Le terme peut faire sourire, mais il résume tristement la tragédie du paysage politique congolais : des hommes sans racine, sans vision, mais avec beaucoup d’ambition… pour eux-mêmes.
Le mensonge a des jambes courtes, mais il court encore sur Internet
Le plus ironique dans cette affaire reste sans doute la tentative de M. Vahamwiti de réécrire l’histoire. Ceux qui ont une bonne mémoire ou un bon moteur de recherche se souviendront de sa fameuse déclaration à Goma en 2016, dans laquelle il affirmait sans détour que le MSR était une création de Joseph Kabila. Une vérité qu’il tente aujourd’hui d’effacer, comme s’il pouvait « formater » le cerveau collectif du peuple congolais.
Sauf que non, Monsieur. Les paroles s’envolent, mais les vidéos restent. Et les archives ne mentent pas.
les Congolais ne sont pas dupes
La publication du communiqué n°001/MSR/2025 aura eu au moins un mérite : celui de faire rire. Un rire nerveux, certes, mais nécessaire. Car dans cette pièce de théâtre mal écrite, ce ne sont pas les acteurs qui manquent, mais bien le scénario et la décence.
En somme, pendant que la République cherche à se reconstruire, certains se battent encore pour diriger les ruines d’un pouvoir qu’ils ont eux-mêmes contribué à démolir. La politique n’est pas un recyclage d’ambitions personnelles sur fond d’amnésie collective.
Qu’on se le dise : le MSR ne se dirige pas par communiqué pirate. Il se construit par des idées, du courage, et une cohérence que manifestement, certains ont définitivement perdue.
Rav Daniel Kambowa






