Aux Lignes Maritimes Congolaises SA (LMC SA), la houle administrative a fini par accoster. Par arrêté ministériel n°004/MINPF/MAA/CMC/JS/2025 signé le 7 novembre par la ministre d’État, ministre du Portefeuille, Julie MBUYI SHIKU, la direction générale change de visage du moins, pour un temps. Le Directeur Général est suspendu, et Gisèle MBWANSIEM MUPA, jusque-là Directrice Générale Adjointe, hérite de la barre pour une période intérimaire de trois mois.
Un changement que d’aucuns décrivent comme une « mesure conservatoire ». Mais, dans les faits, c’est une vraie opération de redressement de cap dans une entreprise stratégique, trop longtemps ballotée entre ambitions et turbulences.

Une femme d’expérience face à la tempête. À la LMC SA, Gisèle MBWANSIEM MUPA n’est pas une inconnue. Nommée DGA en septembre 2022, elle s’est taillé une réputation de gestionnaire rigoureuse et discrète deux qualités rares dans le sérail des entreprises publiques congolaises.
Son profil rassure : une technicienne de la continuité, plus qu’une figure de rupture, selon un cadre du ministère.
Derrière cette nomination, la volonté affichée du gouvernement est claire : stabiliser la maison, restaurer la confiance des partenaires et donner un visage plus apaisé à une société souvent agitée par des rivalités internes.
LMC SA, le géant qui veut renaître. Créée pour porter le pavillon national sur les routes maritimes, Lignes Maritimes Congolaises SA reste un fleuron symbolique un géant qu’on voudrait réveiller. Sous l’impulsion de sa nouvelle capitaine, l’entreprise ambitionne de renforcer sa flotte, moderniser sa gestion et relancer ses activités commerciales au-delà des eaux congolaises.
« La priorité, c’est la continuité des services et la visibilité internationale de LMC », souffle un membre du cabinet du Portefeuille.
En clair : pas question de laisser le bateau dériver.
Une transition sous surveillance. Si le ministère parle de mesure « temporaire », l’opinion observe attentivement ce nouvel épisode. Car dans un secteur où les courants politiques croisent souvent les intérêts économiques, chaque mouvement à la tête d’une entreprise publique est un signal fort.

Mais pour l’heure, la ministre Julie MBUYI Shiku veut surtout rassurer : cette transition vise la bonne gouvernance et la stabilité d’une société appelée à redevenir un acteur clé du commerce maritime national.
Une capitaine pour un cap. En prenant les commandes, Gisèle MBWANSIEM MUPA hérite d’un navire chargé d’attentes. Et si la mer reste capricieuse, elle semble décidée à garder le cap entre rigueur, prudence et ambition.
Dans les couloirs du Portefeuille, certains commentent déjà, mi-sérieux, mi-ironique :
« Enfin une main ferme sur le gouvernail, et en plus, elle manie la boussole mieux que bien des capitaines. »
Rav Daniel Kambowa






