Le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Raphaël Soriano Katebe Katoto, homme d’affaires congolais et frère aîné de l’opposant Moïse Katumbi, s’est publiquement prononcé en faveur d’un changement de la Constitution et estime que Félix Tshisekedi pourrait aller au-delà de deux mandats.
Interrogé sur la possibilité pour le chef de l’État de poursuivre son action au-delà de la limite prévue par la Constitution actuelle, Katebe Katoto ne s’est pas montré hésitant. « Plus que ça même. Je suis tout à fait d’accord pour le changement de la Constitution si c’est nécessaire », a-t-il déclaré.
Dans une autre déclaration rapportée après ses consultations dans le Grand Katanga, il a même évoqué la possibilité de voir Félix Tshisekedi exercer cinq ou six mandats afin, selon lui, d’accomplir sa mission. Il précise toutefois qu’il s’exprime en tant que « réaliste » et non comme juriste donnant une interprétation de la Constitution.
Katebe Katoto défend par ailleurs le principe selon lequel le peuple doit pouvoir se prononcer sur l’évolution de la Loi fondamentale, notamment à travers le référendum. Il estime que la Constitution appartient au peuple souverain.
Mais son argumentation se heurte au contenu de l’article 220 de la Constitution actuellement en vigueur. Cette disposition protège notamment le nombre et la durée des mandats du président de la République contre toute révision.
La sortie de Katebe Katoto intervient quelques semaines après ses consultations dans le Grand Katanga et au lendemain de la remise au président Tshisekedi des conclusions de cette démarche. En août, il avait pourtant assuré que sa mission n’était pas liée au changement de la Constitution et qu’il était venu recueillir les préoccupations de la communauté katangaise.
Le débat constitutionnel reste ainsi ouvert, entre ceux qui défendent une évolution du texte fondamental et ceux qui considèrent que certaines dispositions, notamment celles relatives à la durée et au nombre des mandats présidentiels, doivent rester intangibles.
Rav Daniel Kambowa






