Dans les couloirs du ministère des Infrastructures et Travaux Publics, les kilomètres ne se comptent plus seulement sur les cartes. Ils se mesurent désormais à l’aune des attentes de millions de Congolais. C’est dans cet esprit que le ministre John Banza Lunda a reçu ce vendredi une délégation de la firme égyptienne Arab Contractors afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux de modernisation de la Route Nationale n°1 sur le tronçon stratégique Kamuesha-Kananga.
Autour de la table, les chiffres ont parlé. Et pour une fois, ils semblent plutôt rassurants. Le premier lot, au départ de Kamuesha, affiche un impressionnant taux d’exécution de 99 %, frôlant la perfection. Quant au second lot, en partance de Kananga, il avance à un rythme soutenu avec près de 66 % de réalisation.
Mais comme dans tout grand chantier congolais, il reste toujours un « dernier kilomètre » qui refuse de se laisser dompter. En l’occurrence, une portion intermédiaire de 30 kilomètres récemment contractualisée, où les travaux viennent seulement de démarrer. Un défi supplémentaire que la firme Arab Contractors assure pouvoir relever sans compromettre les échéances fixées.
Face à ces avancées, le ministre John Banza Lunda n’a pas caché sa satisfaction. Toutefois, fidèle à son rôle de chef d’orchestre des infrastructures nationales, il a rappelé qu’une route ne se construit pas avec des compliments mais avec des résultats. Profitant de l’arrivée de la saison sèche, il a exhorté les équipes à accélérer davantage le rythme afin de tirer pleinement profit des conditions climatiques favorables.
Au-delà du béton et de l’asphalte, le ministre a également insisté sur une préoccupation qui touche directement la population : la fluidité du trafic pendant les travaux. Car si les routes de demain font rêver, les embouteillages et les difficultés de circulation d’aujourd’hui continuent de peser sur le quotidien des usagers.
Autre sujet évoqué : les contraintes douanières qui ralentissent plusieurs projets d’infrastructures à travers le pays. Certains importateurs de matériaux seraient confrontés à des blocages administratifs depuis plusieurs mois, une situation qui freine l’élan des chantiers pourtant jugés prioritaires pour le développement national.
Dans cette dynamique, le gouvernement entend jouer pleinement son rôle de facilitateur afin que les obstacles administratifs ne deviennent pas plus résistants que les roches que les engins doivent parfois déplacer.
Avec une livraison définitive attendue pour juin 2027, le chantier Kamuesha-Kananga s’impose comme l’un des symboles de la reconquête de la mobilité dans l’espace Kasaï. Et si les promesses sont tenues, cette route pourrait bientôt faire oublier les longs parcours d’hier pour ouvrir la voie aux opportunités de demain.
Car au fond, une route n’est jamais seulement une route : c’est un trait d’union entre les territoires, les économies et les ambitions d’un peuple qui refuse de rester enclavé.
Rav Daniel Kambowa





