En marge de son escale bruxelloise au très mondain Global Gateway Forum, le Président de la République Félix Tshisekedi a troqué les couloirs du Palais de la Nation contre ceux d’un palace européen pour une entrevue marathon avec Massad Boulos, l’homme qui murmure à l’oreille de Donald Trump. Une heure d’entretien un record diplomatique dans un monde où les poignées de main durent parfois plus longtemps que les accords de paix.
Cette rencontre au sommet, après celle de New York (parce que la paix aime bien voyager en classe affaires), a remis au menu les incontournables du moment : Washington, Doha et… la RDC. Oui, la paix se négocie aussi entre deux expressos.
Concernant le processus de Doha, Massad Boulos a sorti l’optimisme made in USA : « Les choses prennent du temps… » Une façon polie de dire que la paix n’a pas encore trouvé son Uber. Après l’attaque du 11 septembre à Doha, les négociations ont pris des vacances prolongées mais comme tout bon feuilleton, la saison 2 reprend la semaine prochaine.
Les États-Unis, toujours très attachés à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (et surtout à suivre de près les dossiers stratégiques), envoient donc leurs experts « made in Trump Tower » pour encadrer le processus.
Mais la diplomatie, c’est aussi de la poésie. Le Président Tshisekedi, en bon gentleman africain, a lancé un appel à Paul Kagame pour une « paix des braves ». Un message salué par Massad Boulos, qui a trouvé cela « noble et positif ». Traduction : enfin une punchline qui pourrait changer la donne.
Et parce que la paix aime aussi les chiffres, les deux hommes ont évoqué une coopération économique où tout le monde gagnerait surtout ceux qui ont un bon carnet d’adresses. Mines, énergie, infrastructures, technologies : les investisseurs américains ont sorti leurs jumelles pour mieux voir les opportunités congolaises.
En résumé : entre une déclaration de principes, un appel à la paix et une promesse d’investissements XXL, Bruxelles a eu droit à un épisode diplomatique savamment scénarisé. Reste à savoir si la paix, elle, signera aussi le contrat.
Rav Daniel Kambowa






